Le basson est-il un instrument en voie de disparition ?

En juin, le jeune bassoniste hollandais Bram Van Sambeek a lancé la campagne « Sauvons le basson » à Amsterdam, un projet qui milite pour une meilleure reconnaissance de l’instrument.

Le basson est-il un instrument en voie de disparition ?
Le jeune bassoniste Bram Van Sambeek veut changer le regard porté sur son instrument ©Andrew Rankin

Difficile de citer des œuvres pour basson… Pourtant cet instrument a un rôle essentiel dans l’orchestre et est doté d’un son unique, à la fois velouté et grave, à l'exemple de l’air du grand-père dans Pierre et le loup de Prokofiev. L’un des plus beaux solos du Sacre du printemps de Stravinsky? Encore le basson. Et les plus grands compositeurs, comme Vivaldiou Mozartont honoré l’instrument en lui consacrant des concertos.

Cette année, c’est un jeune bassoniste, Bram Van Sambeek qui a décidé d’honorer le basson lors du Festival de Hollande à Amsterdam. Un rendez-vous annuel des arts du spectacle. Sauvons le basson est un projet initié l'an passé par le musicien, conscient que certains instruments sont en danger. Contrebasse, hautbois, cor, trombone, trompette ou basson… la liste est longue et, pour BramVanSambeek, il faut parler d’espèces menacées : « Le nom de la campagne est volontairement dramatique parce qu’il faut que les gens réalisent que le bassoniste pourrait être autant en danger que le panda », a-t-il expliqué au Guardian.

Cette année, le projet se concentre sur son instrument, le basson, mais dans les années à venir, tous les instruments de la liste des espèces « en danger » seront honorés de la même façon. Pour mener à bien son idée, le jeune hollandais a fait appel à la directrice artistique du Festival de Hollande, RuthMackenzie, qui a répondu à son appel en programmant sept petites pièces qui célèbrent le basson.

L’initiative se répand doucement en Europe. BramVanSambeek joue souvent pour l’orchestre symphonique de Londres et regorge d’idées pour faire la promotion de son instrument fétiche dans différents pays :

« Nous avons de grands projets pour créer des événements liés au basson, qui ne seront pas forcément produits dans des salles de concerts classiques. J’attends des nouvelles pour savoir comment nous allons pouvoir partager le projet avec des musiciens et orchestres de différents pays. »

Derrière son opération, le jeune bassoniste tente de redorer l’image de l’instrument, souvent vu comme « le clown de l’orchestre ». Pourtant de nombreux futurs musiciens pourraient tomber amoureux du basson s’ils savaient que ce grand bois existait.

Une anecdote de la vie de BramVanSambeek montre les préjugés et la méconnaissance de l’instrument : « Ma mère savait que je voulais jouer du saxophone juste parce que ça faisait sexy. » Elle emmena alors son fils dans un magasin de musique pour qu’il choisisse son instrument, mais pas question de le choisir sur l’apparence : le jeune garçon devait choisir le son qu’il préférait : « C’était clair que le basson était pour moi le plus attirant. Je n’avais même pas reconnu le saxophone ! »

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