La Sacem inaugure son musée numérique

La Société des auteurs, compositeurs, et éditeurs de musique (Sacem) vient d’ouvrir son musée numérique. Entièrement gratuit, il met en valeur de nombreuses archives inédites des sociétaires, dont Verdi, Richard Wagner ou Tchaïkovsky.

La Sacem inaugure son musée numérique
Télégramme de Giuseppe Verdi adressé à la Sacem, © Fonds Sacem

Créée en 1851, la Sacem possède une longue et dense histoire. La quantité colossale d’archives dont elle regorge peut en témoigner : 30 kilomètres de documents, nous apprend la société de gestion des droits d’auteurs. Des archives qui, jusqu’à présent, avaient principalement un usage interne, notamment en cas de litige sur la propriété d’une œuvre. C’est ce qu’a expliqué le compositeur Jean-Claude Petit, président du conseil d’administration de la Sacem, en préambule de la présentation de ce musée numérique : « Nous existons depuis 167 ans mais nous n’avons pas de mémoire ». 

C’est donc pour faire vivre cette riche histoire que la Sacem a décidé de créer un musée numérique. Actuellement, plus de 3 000 archives ont été numérisées et de nombreuses autres seront ajoutées au fur et à mesure. Bulletins d’adhésion de compositeurs, dépôts d’œuvres, courriers, etc. Le musée virtuel permet de retrouver ces documents grâce à plusieurs portes d’entrées. 

Il est ainsi possible, par exemple, de consulter un télégramme envoyé à la Sacem par Giuseppe Verdi. Le compositeur italien y demande l’interdiction de l’utilisation de morceaux de son opéra Othello par un autre. « C’est ce que nous voulions montrer avec ce musée numérique, explique Jean-Noël Tronc, le directeur de la société. Le rôle et le fonctionnement de la Sacem. Grâce à cette gestion des droits d’auteur, un compositeur comme Verdi a pu vivre de sa musique, contrairement à Mozart qui est mort dans la misère, suite à la coupure de vivres de son mécène ». 

Le directeur de la Sacem insiste sur l’aspect international qu’a très rapidement pris la société. Comme ce bulletin d’adhésion de Richard Wagner signé en 1861. « La Sacem n’existait qu’en France, alors les compositeurs des autres pays se sont tous inscrits chez nous », explique Jean-Noël Tronc. On trouve de nombreux documents concernant Tchaïkovski, Chostakovitch, Prokofiev mais aussi Debussy, Ravel, Bizet, Boulez ou Dutilleux. 

La plateforme numérique propose également des expositions thématiques. Pour cette première mouture : Mai 1968, Du vinyle à internet ou encore Femmes et création musicale. Chaque année, le musée de la Sacem proposera 6 à 8 nouvelles expositions numériques. Dans un deuxième temps, la société pourrait organiser des expositions physiques. Enfin, le musée propose également des chroniques éclairant l’histoire d’une œuvre, tels ces entretiens avec des compositeurs de musique de films.

En 2019, le musée en ligne veut aussi commémorer les 10 ans de la disparition d'Alain Bashung et de Maurice Jarre, les 60 ans de la disparition de Boris Vian et les 90 ans de la naissance de Claude Nougaro.