La rentrée des classes : les professeurs d'éducation musicale à l'école s'organisent

C'est la rentrée des classes, y compris pour environ 7000 professeurs d'éducation musicale au collège et au lycée. Comment abordent-ils cette nouvelle année scolaire, toujours sous le signe de la crise sanitaire? Quelles sont leurs inquiétudes? Point avec Anne-Claire Scébalt, présidente de l'APEMU.

La rentrée des classes : les professeurs d'éducation musicale à l'école s'organisent
La rentrée des classes : les professeurs d'éducation musicale s'organisent, © Getty / skynesher

Depuis 2017, grâce à une initiative conjointe entre les ministères de la Culture et de l'Education nationale, la rentrée des classes se fait en musique. Toujours dans le contexte sanitaire compliqué cette année, comment se passe-t-elle pour les professeurs d'éducation musicale ? Ils sont représentés au micro de Jean-Baptiste Urbain par Anne-Claire Scébalt, présidente de l'Association des professeurs d'éducation musicale (APEMU).

Jean-Baptiste Urbain : Anne-Claire Scébalt, vous êtes professeure de musique dans le secondaire. Comment les professeurs de musique abordent-il cette rentrée ?

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Anne-Claire Scébalt : "Je me permets de préciser qu'on dit plutôt 'professeur d'éducation musicale'. Un professeur d'éducation musicale n'a pas les mêmes enjeux qu'un professeur de musique. La pratique est au centre de notre enseignement, mais c'est un outil pédagogique pour amener des élèves à développer une culture commune, la créativité, des tas de compétences plutôt transversales."

Comment s'est déroulée pour votre discipline cette année marquée par les contraints sanitaires appliquées à vos cours et l'enseignement à distance ?

"C'était une année de souffrance, pour le professeurs d'éducation musicale, mais surtout pour les élèves, parce que notre enseignement s'articule essentiellement autour de l'oral et des pratiques collectives. Il était très difficile de mettre en œuvre la pédagogie avec des élèves à distance et  isolés. D'un autre coté on a vu fleurir des projets à distance tous plus inventifs les uns que les autres, on a vu des enseignants faire des montages vidéo pour regrouper leurs chorales, et puis on a vu aussi un investissement de la famille, et cela était très heureux puisque l'idée de l'éducation musicale est de développer une culture commune au sein de la société, mais aussi au sein de la famille, engager les élèves à écouter la musique en famille, discuter des goûts musicaux et de différentes esthétiques."

Comment les enseignants que vous représentez abordent-ils cette rentrée ?

Pour beaucoup d'entre nous, avec une rentrée en musique qui est l'occasion de valoriser notre travail. Pour des enseignants au collège, aussi avec des chorales qui vont, je l'espère, pouvoir reprendre et pouvoir mener à bien des projets cette année, et puis aussi avec quelques inquiétudes, notamment au lycée, parce que la réforme a fortement marqué les enseignements optionnels qui sont dans certains établissements fermés ou mis en péril. Nous espérons que les années à venir vont permettre de réconforter les enseignements optionnels au lycée parce que c'est aussi essentiel de pouvoir pratiquer la musique au lycée qu'au collège.

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Concernant la réforme, elle en est où par rapport à votre discipline ?

On tend vers une stabilisation. Il y a eu des points très intéressants, notamment sur les programmes, mais aussi sur les épreuves qui ont été totalement modifiées. Auparavant l'élève en spécialité choisissait un morceau qu'il interprétait quel que soit le style; maintenant les élèves de spécialité présentent une création. On va vers plus de créativité, plus d'investissement personnel d'un parcours individuel qui prend de plus en plus de place au lycée. Mais la réforme a aussi vu la fermeture d'options, dans des endroits très ruraux où il y avait un besoin crucial de les maintenir. On espère aller vers une stabilisation et pourquoi pas une réouverture des options, parce qu'il faut que tout élève de la République puisse poursuivre un parcours musical. C'est d'ailleurs dans ce sens que les programmes ont été pensés, mais aussi les œuvres au programme du Bac. Ce sont des œuvres très en prise avec le réel : par exemple le fameux guitariste Jeff Beck au programme de cette année, ou encore un extrait de pub pour la Honda Civic avec un morceau pour chœur, composé par Steve Sidwell...cela montre que notre éducation musicale est en prise au réel, dans la réalité des élèves, et qu'elle s'adresse à tout le monde.

Vous parlez de la création au lieu de l'interprétation pour l'option musique au Bac. Tout le monde doit savoir composer ?

Tout le monde sait composer, je dirais plutôt tout le monde sait inventer et créer. Dès le collège les élèves investissent des projets musicaux dans lesquels il y a des parties de la création. Cela peut être très modeste, accompagné par des outils numériques, cela peut être de la création vocale, mais un enfant, si vous l'engagez à créer, il n'y a pas de raison qu'en terminale il ne soit pas capable de proposer une création.  Les propositions qui nous sont faites sont tellement variées en terme de style ou de langage musical que l'on peut toujours investir un langage ou un autre.

Et concernant la rentré en musique, s'est-elle vraiment généralisée dans les établissements ?

J'aurais du mal à vous répondre, les deux dernières années ont été très particulières, mais je pense que oui. Nous avons eu des échos des collègues qui ont vraiment investi ce moment là. S'il y a des réticences c'est plutôt sur cette idée d'un coup de projecteur et d'un abandon le reste de l'année. Vous le savez comme moi, la musique est une pratique régulière, c'est un investissement régulier. Valoriser un travail à un moment donné, c'est un peu contre nature pour nous.