La place des femmes dans la culture toujours trop faible

Pour la 5e année consécutive, la Société des auteurs compositeurs dramatiques (SACD) publie son étude "Où sont les femmes". Partant du constat que rien n’a vraiment changé depuis la première édition, la SACD formule des propositions pour accentuer la prise de conscience de cette inégalité.

La place des femmes dans la culture toujours trop faible
De gauche à droite, Claire Gibault, Emmanuelle Haïm, Marin Alsop (en haut), puis Sofi Jeannin, Susanna Malkki et Laurence Equilbey (en bas).

« Où sont les femmes » dans le monde de la culture ? « Toujours pas là ! » répond la SACD qui publie sa 5e édition de son étude sur la place des femmes en tant qu’artistes, directrices d’institutions culturelles ou audiovisuelles. Afin de marquer le coup des 5 années d’études statistiques, la SACD a décidé de réaliser un bilan comparatif de la période 2012 – 2017 afin d’en dégager des tendances.

Et malgré une certaine prise de conscience dans l’opinion et de la part des responsables publics, les chiffres montrent que rien n’a vraiment évolué. Alors que les femmes représentent 52% des étudiants dans les formations en spectacle vivant, très peu d’entre elles se retrouvent dans le monde professionnel. Entre 2014 et 2017, seulement 1% des compositeurs programmés dans les saisons culturelles étaient des femmes et seulement 4% de chefs d’orchestre pour la période 2013 – 2017. Une tendance à la baisse puisqu’elles représentaient 5% des maestros en 2013.

Diagrammes issus de la plaquette Où sont les femmes éditée par la SACD. (© SACD)
Diagrammes issus de la plaquette Où sont les femmes éditée par la SACD. (© SACD)

Le rapport pointe aussi la faible présence des femmes dans la programmation des orchestres nationaux (chefs d'orchestre, solistes et compositrices) avec par exemple 12% à l’Orchestre de Paris, 11% à l’Orchestre philharmonique de Radio France et 9% pour l’Orchestre national de France. Dans les opéras, celui de Lille est cité en exemple puisqu’il est le seul de France à atteindre le seuil de 30% de femmes dans sa programmation pour la période 2013 – 2017, une barre symbolique à partir de laquelle la SACD estime que les résultats sont encourageants.

C’est chez les metteurs en scène (27%) et les chorégraphes (37%) que les femmes sont les plus programmées pendant ces cinq années. A la tête des institutions culturelles, là aussi les femmes sont peu présentes. On notera une petite amélioration dans les maisons d’opéra où 11% d’entre elles étaient dirigées par des femmes contre seulement 4% en 2013.

(© SACD)
(© SACD)

Avec cette 5e étude publiée à l’aube d’une année présidentielle, la SACD appelle les pouvoirs publics à « prendre des mesures fortes pour promouvoir la parité dans l’art et la culture ». 7 propositions sont formulées dont l’instauration d’objectifs chiffrés avec « + 5% de femmes par an dans les programmations de spectacle vivant pendant 3 ans », l’obligation d’une égalité homme-femme dans la « composition des jurys et autres comités d’experts dépendant du ministère de la Culture » ou encore « consacrer la parité dans les nominations à la tête des établissements culturels ».

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