La musique classique, la critique… et les réseaux sociaux.

L’Opéra d’Australie a décidé d’appliquer une « tolérance zéro » sur sa page Facebook, une décision qui soulève la question de la place de la musique classique sur les réseaux sociaux.

La musique classique, la critique… et les réseaux sociaux.
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Dans ses Dépêches Notes du mardi 16 octobre, Clément Rochefort évoque une publication sur la page Facebook de l’Opéra d’Australie visant à avertir les « fans » que tous les messages « offensants, diffamatoires, injurieux, ou visant à l’intimidation » seraient immédiatement supprimés de l’espace public.

Où commencent les propos « offensants » et où s’arrête la critique ? L’Opéra d’Australie reste très vague à ce sujet, et se réserve le droit de définir ce qui est, ou non, offensant, diffamatoire, ou injurieux… Les mots passionnés frisent bien souvent l’offense, lorsque le mélomane grince des dents, et de la plume. Quelle place pour la liberté d'expression ?

L’actualité du monde de la musique classique est ponctuée de références à des polémiques, ou à des propos houleux, sur les réseaux sociaux. Dans la Matinale de France Musique, le ténor Roberto Alagna déclarait nouer une relation privilégiée avec les « fans » de sa page Facebook, relation qui l’a même motivé à interroger sa communauté à propos d’un éventuel retour à la Scala de Milan. De son côté, Bruno Mantovani a choisi la page Facebook du CNSM de Paris, dont il est le directeur, pour réagir ; ses propos « faisant polémique sur les réseaux sociaux ».

Les mélomanes sont actifs sur les réseaux sociaux, s’expriment librement, et contribuent ainsi, parfois, à créer de grandes polémiques. Pourtant, du côté des artistes, les réseaux sociaux sont bien souvent considérés comme des espaces « d’auto-promotion », comme le notait David Christoffel dans sa chronique Les oreilles sensibles :

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D’un côté, des institutions très soucieuses du ton employé, et de l’autre, des mélomanes passionnés sans tabou ? La gestion même des réseaux sociaux est problématique : si les grandes marques ont leur « community manager », les opéras, médias spécialisés, ou artistes, partagent cette gestion entre communication, édition, ou médiation avec le public, à l’exemple des musées. Comment répondre à une critique virulente lorsque l’on prend la parole au nom d’une institution prestigieuse, comme l’Opéra national de Paris, et que l’on est soi-même chargé de sa promotion ?

L’Opéra d’Australie pointe du doigt une vérité dérangeante du web 2.0 : seul derrière son ordinateur, l’internaute se sent libre de s’exprimer sans contrainte, parfois dans un vocabulaire qu’il n’oserait adopter de vive voix.

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Le monde de la musique classique, dont l’action stratégique sur les réseaux sociaux est récente, redécouvre peu à peu Internet. France Musique, comme Diapason et La Lettre du Musicien ont changé leur site internet récemment. Classica et Radio Classique sont sur le point d’en faire autant. L’action adaptée – c'est-à-dire autre que le simple partage de lien - de ces médias pour les réseaux sociaux date d’il y a moins de deux ans.

Débats sur les réseaux sociaux et refontes des sites Internet traduisent finalement une renaissance de la musique classique sur Internet… Et un discours plus adapté à de nouveaux publics ?

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