La musique au lycée : comment ça marche ?

Peut-on continuer à faire de la musique au lycée, qu'on soit musicien confirmé ou débutant ? Nous faisons le point sur les dispositifs existants et les changements annoncés par la réforme du lycée qui entrera en vigueur à la rentrée 2019.

La musique au lycée : comment ça marche ?
Musique au lycée : comment ça marche ?, © Getty / Phil Clarke Hill

Peut-on suivre les cours de musique au lycée ? Comment mener de front un parcours de musicien au conservatoire et les études ? Quelle sera la place de la musique dans les programmes après la réforme du lycée en cours ?

Alors qu’elle fait partie du programme obligatoire de la maternelle jusqu’à la fin du collège, la musique devient optionnelle au lycée. Pourtant, il existe différents dispositifs qui permettent de continuer à pratiquer, en fonction du parcours artistique de l’élève et de son projet d’études, que vous vous orientiez vers un enseignement général ou technologique.

Quel enseignement de musique au lycée ?

Deux possibilités s'offrent aux élèves après la troisième : l'option facultative, ouverte à tous les élèves sans égard au niveau de pratique antérieur, ou l'option de spécialité, appelée aussi option lourde, destinée au départ aux élèves qui ont un bagage musical, mais qui s'ouvre de plus en plus aux élèves qui n'ont que peu de connaissances en musique, voire pas du tout. Dans la configuration actuelle, qui changera à la rentrée 2019, l'option facultative est ouverte à toutes les séries (L, S, ES), tandis que l'option lourde est affiliée à la série L.

Les deux s'inscrivent dans la continuité de l’enseignement musical au collège, mais les enjeux et le volume horaire des deux options ne sont pas les mêmes.

Pour l’option facultative, les programmes prévoient trois heures hebdomadaires, alors que pour l’option de spécialité, six heures hebdomadaires sont prévues. Les deux peuvent être présentées au Baccalauréat. Nous reviendrons sur les changements qui toucheront les deux options de l’enseignement musical dans le cadre de la réforme du lycée qui rentrera en vigueur à la rentrée 2019.

Quelle orientation pour les élèves musiciens ou danseurs ?

Pour les jeunes musiciens et danseurs qui suivent un cursus parallèle dans un conservatoire classé - un CRR (conservatoire à rayonnement régional) ou un CRD (conservatoire à rayonnement départemental) et souhaitent devenir professionnels, la section Techniques de la Musique et de la Danse (TMD) permet de suivre une scolarité normale et une pratique artistique de haut niveau.  Cette orientation demande un solide bagage artistique et, à partir de la Seconde, elle prépare les élèves à un diplôme national d'orientation professionnelle (DNOP)  musique ou danse, le DEM (diplôme d'études musicales) ou le DEC (diplôme d'études chorégraphiques). Une vingtaine de lycées en France dispensent cet enseignement. 

Les élèves engagés dans cette section s'orientent notamment vers l'interprétation : instrumentistes solistes ou membres d'orchestre, danseurs ou chorégraphes. Après le lycée, ils peuvent tenter le concours leur permettant de continuer leurs études au sein de l’un des deux conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse (CNSMD) de  Paris ou de Lyon. Ils y préparent le diplôme national  supérieur professionnel (DNSP) de musicien ou de danseur (BAC+3).  Certains conservatoires préparent aussi au DE (diplômes d'État) et/ou au certificat d'aptitude de professeur de musique ou de danse.

Professionnalisant aussi, mais différent en termes de débouchés, il existe un cursus que dispensent actuellement trois établissements en France, et qui mène au brevet de technicien des métiers de la musique (BTMM). Dispensé actuellement à Sèvres, à Nancy et Saint–Brieuc, ce cursus de trois ans permet, grâce au brevet qui équivaut au Baccalauréat, d'entrer dans la vie active ou de poursuivre les études supérieures dans la production, documentation ou édition musicale. 

Qu'est-ce qui change avec la réforme ?

Si vous choisissez la voie technologique, il n'y aura pas de changements. Les séries sont maintenues, dont la série TMD.  

Pour la voie générale, le grand changement est la disparition des traditionnelles filières S, L, et ES. Les élèves choisiront à la place trois spécialités en première, deux en terminale, qui se rajouteront au tronc commun (français, histoire-géographie, enseignement moral et civique, langues vivantes 1 et 2, enseignement scientifique, éducation physique et sportive). Douze enseignements de spécialité sont proposés, mais ne sont pas systématiquement accessibles dans tous les lycées : les enseignements artistiques, dont musique, en font partie. S'y ajoutent trois options que pourra prendre l'élève, dont la musique. 

La réforme préconise pour chaque élève de construire un cursus "à la carte" qui sera significatif pour la suite de son orientation dans l'enseignement supérieur. La musique, comme d'ailleurs toutes les autres matières de l'enseignement artistique, fait partie des enseignements de spécialité et des options. Les deux options seront maintenues : on pourra toujours choisir soit l'option facultative, soit l'option lourde, mais indépendamment de l'orientation de base de l'élève. Désormais, si l'élève choisit dans son cursus une dominante scientifique, il pourra y associer la musique, ce qui pourra le mener vers les métiers du son, par exemple.

Autre changement majeur, l'évaluation des différentes matières au Baccalauréat. Dans le dispositif actuel, l'option facultative musique, de coefficient 3, peut être présentée au Baccalauréat et permet aux élèves de gagner des points supplémentaires qui se rajoutent à la note globale de l'épreuve.  Dans la nouvelle mouture du Baccalauréat, son obtention sera conditionnée par quatre épreuves sur table et un Grand oral. Par contre, les matières proposées en option, y compris l'option facultative musique, seront comptabilisées grâce au contrôle continu ou à un mélange de la moyenne sur l'année et d'épreuves ponctuelles.