La mairie de Paris veut réformer les conservatoires

Dans un article du Monde, la Mairie de Paris annonce réfléchir à une réforme des 17 conservatoires de la capitale. Bruno Julliard, adjoint à la culture regrette un manque de "mixité" sociale et une formation "trop académique".

La mairie de Paris veut réformer les conservatoires
Le nouveau conservatoire du 12e arrondissement de Paris inauguré le 17 novembre. (© Mairie de Paris, Marc Verhille)

C'est un sujet sensible auquel a décidé de s'attaquer la mairie de Paris. Dans un article du journal Le Monde paru le 17 novembre, l'équipe d'Anne Hidalgo annonce avoir la volonté de réformer les conservatoires de la capitale. On leur reproche de coûter cher à la ville alors qu'ils ne bénéficient qu'à un trop petit nombre de parisiens. Sur les 17 établissements, seulement 18 000 jeunes sont inscrits dans un conservatoire municipal. La mairie pointe aussi le coût élevé du fonctionnement de ces établissement, 36 millions d'euros par an, salaires inclus.

Autre point noir, le manque de mixité sociale. Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, en charge de la culture, déplore que les familles aisées soit surreprésentées. "Il n’est pas suffisant que ces établissements soient pleins. Ils doivent aussi participer à la volonté municipale de démocratiser l’accès à la culture et de lutter contre les inégalités ", ajoute l'élu. La mairie indique avoir mis en place un collectif de directeurs de conservatoire afin de réfléchir aux pistes permettant de réformer l'accès aux établissements.

Tout d'abord, il serait envisagé de retarder l'âge d'inscription pour éviter que des enfants suivent un cursus qui ne les intéresserait pas. Les conservatoires parisiens souffrent d'une désertion des élèves en deuxième et troisième cycles, qui correspondent aux années collège et lycée. La mesure serait accompagnée par un "parcours personnalisé ".

Autre piste: proposer davantage de connexions pour les enfants âgés de 8 à 10 qui ont découvert la musique à l'école mais dont les parents n'ont pas le réflexe "conservatoire". Un axe qui s'appuie sur la mise en place des ateliers périscolaires dans le cadre des rythmes scolaires auxquels 7500 enfants participent cette année. Des ateliers animés par des professeurs de conservatoire et des enseignants de la ville de Paris.

Il est également question d'élargir l'offre pédagogique en intégrant des associations aux pédagogies innovantes. Enfin, dernière piste et pas des moindres, revoir les conditions d'accès et d'inscription en instaurant un tirage au sort. Chaque année, les conservatoires enregistrent environ trois plus de demandes qu'il n'y a de places et la règle du "premier arrivé, premier servi" ne semble pas convenir à l'équipe municipale.

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