La grande pianiste Lívia Rév est morte

La pianiste hongroise Lívia Rév est morte à l'âge de 101 ans à Paris, mercredi 28 mars. Née à Budapest, elle avait débuté sa longue carrière en 1925 et joué avec plusieurs grands chefs d'orchestre internationaux.

La grande pianiste Lívia Rév est morte
La pianiste Lívia Rév s'est éteinte mercredi 28 mars à l'âge de 101 ans

Elle a joué sous la baguette de Sir Adrian Boult, André Cluytens et Rafael Kubelik, avant de devenir une pédagogue reconnue : la pianiste Lívia Rév s'est éteinte mercredi 28 mars 2018 à l'âge de 101 ans. Née dans une famille de musiciens le 5 juillet 1916, elle se produit dès l'âge de 12 ans avec l'Orchestre symphonique de Budapest, sa ville natale. 

Lauréate en 1938 du Grand Prix de l'Académie Franz Liszt de Budapest, où elle est l'élève de Leo Weiner et Arnold Szekely, et sort la même année diplômée de l'académie, après une réception en présence des compositeurs Béla Bartók et de Zoltán Kodály. Pendant la guerre, alors que ses proches quittent le pays, Lívia Rév reste  en Hongrie. C'est après la guerre, alors que des soldats américains l'entendent jouer, que la pianiste quitte son pays natal. En 1946, elle s'inscrit au Concours Long Thibaud en vue d'obtenir un visa pour Paris, mais ne s'y présente pas, faute de préparation. Lívia Rév tombe sous le charme de la capitale, qu'elle ne quittera plus.  Elle y rencontre Arthur Rubinstein en 1948, qui ne tarit pas d'éloge à son égard, écrivant « voici une pianiste qui a un vrai talent, et tout ce qui va avec : le rythme, le style, le son, l'émotion et une technique parfaite ».  

Dans les années 1950, Sir Malcolm Sargent remarque Lívia Rév à l'occasion d'un récital au Wigmore Hall et la fait jouer avec lui. A Londres, la pianiste joue également pour la Reine Elisabeth II . C'est le début d'une longue carrière internationale pour la pianiste qui la mène à jouer en concert avec Sir Adrian Boult, André Cluytens, Eugen Jochum, Josef Krips, Rafael Kubelik... des interprétations complétées par d'importants enregistrements solistes (intégrale des Préludes de Debussy, des Nocturnes de Chopin, ou encore des Romances sans paroles de Mendelssohn).

Dans les dernières années de sa vie, passées en région parisienne, Lívia Rév se consacrait à l'enseignement à l'Université Musicale Internationale de Paris, et donnait chaque année une masterclass à l'Institut hongrois

Marcel Quillévéré avait réalisé pour France Musique, en 2013, un long entretien avec la pianiste :