La France, terre de festivals ?

La « Carto’classique » vient de sortir. Issue d’une co-production entre la Philharmonie de Paris, la Sacem, France Festivals, le CEPEL et le CNRS, le document dresse le portrait des festivals de musique classique en France.

La France, terre de festivals ?
Répartition des festivals de musique classique sur le territoire français, issue de l'étude menée la Sacem, la Philharmonie de Paris, l’association France Festivals, le CNRS, et le Centre d’Etudes Politiques de l’Europe Latine (CEPEL)

2015, année de tous les dangers pour les festivals français. De plus en plus fragile, leur santé était sur toutes les lèvres, et avait même donnée naissance à une cartocrise des festivals en danger. Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, évoquait une année où, pour la première fois depuis longtemps, le « ratio entre les festivals créés et annulés est (…) négatif ».

Cette situation est aujourd’hui clairement présentée dans un document de 28 pages produit par la Sacem, la Philharmonie de Paris, l’association France Festivals, le CNRS, et le Centre d’Etudes Politiques de l’Europe Latine (CEPEL) et appelé « Carto’classique ». Une étude statistique complète pour présenter « un panorama des festivals classiques, lyriques et contemporains dans ses différentes composantes en France ».

En 2015, les créations de nouveaux festivals ont représenté 1% du total, et les disparitions ou suspensions (en espérant une reprise l'année suivante) 1,5%. "Les festivals sont des manifestations qui vivent, et qui meurent, parfois parce qu'ils sont menés par une personne charismatique qui disparaît", note Isabelle Fauvel, qui a coordonné l'étude.

Cinq festivals se sont créés en 2015 tandis que 4 ont disparus et 4 sont suspendus. "C'est compliqué pour les festivals aujourd’hui, il y a une inquiétude sur la création des nouvelles régions et une baisse des budgets publics", reconnaît Isabelle Fauvel. Elle constate toutefois "une vraie vitalité, avec un important renouvellement: 58% des festivals ont moins de 20 ans".

Le plus ancien festival, les Chorégies d'Orange (opéra) a 146 ans. La fréquentation peut atteindre des sommets pour certains festivals (191.000 spectateurs aux Nuits de Fourvière, 154.000 à la Folle journée de Nantes, 120.400 au Festival Radio France Montpellier, plus de 80.000 au festival lyrique d'Aix-en-Provence et 76.600 au festival de piano de la Roque d'Anthéron).

L'étude révèle "un vrai dynamisme des territoires, une culture présente dans toutes les régions". Il n'existe pas de France "du vide" des festivals, même si 61% des 551 festivals sont concentrés sur 5 régions (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Aquitaine, Centre, Bretagne).

L'étude sera poursuivie sur la durée, à l'instar de celle portant sur les festivals de musique actuelle, menée depuis trois ans.

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