La Folle Journée 2015 du côté des petits

Concerts commentés, spectacles jeune public, éveil musical et rencontres avec des artistes, la Folle Journée prend soin de ses plus jeunes. Pendant le festival, mais aussi en amont et après, de la petite enfance à la terminale, les projets pédagogiques tissent des liens de plus en plus forts entre les jeunes et les artistes pour le bonheur de tous.

La Folle Journée 2015 du côté des petits
Les scolaires avant le concert©Folle Journée de Nantes

La musique au coeur des apprentissages

Ils sont une petite vingtaine d'élèves de CE1 de l'Ecole Notre Dame de la Trinité de Bouaye. Accompagnés de leur maîtresse, ils viennent assister au concert de la Symphonie du Marais. Ils préparent cette sortie depuis plusieurs mois : oeuvres et instruments ont été étudiés en classe, et maintenant le moment est venu de les découvrir en direct, mélangés aux autres spectateurs, dans une vraie salle de concert. Ils sont encore petits, mais très attentifs. A la sortie du concert, les commentaires vont bon train. «Ils étaient très sages», commente une accompagnatrice, «alors qu'ils n'ont même pas goûté...»

Assis par terre en train de piqueniquer, sagement rangés derrière leur maîtresse avant de quitter les lieux, enfoncés dans les fauteuils dans les salles des concerts...dès vendredi matin, la Folle Journée est sous le signe de la jeuesse. De la maternelle à la terminale, le temps d'un concert, les élèves de Nantes et des environs se mélangent au public "traditionnel" du festival. Pour les CE1 de l'Ecole Notre Dame de la Trinité, c'est la première Folle Journée. Il n'est pas facile d'avoir des places, il y a beaucoup de demandes, notamment des établissements situés dans les zones où l'offre culturelle n'est pas riche, et c'est une petite victoire d'avoir décroché la participation dans le projet pédagogique qu'ils continueront à travailler après le festival:

Elèves de l'Ecole Notre-Dame de la Trinité de Bouaye @France Musique
Elèves de l'Ecole Notre-Dame de la Trinité de Bouaye @France Musique

Depuis cinq ans la ville de Nantes a crée un fond qui subventionne 10 000 places à cinq euros à destination des scolaires, avec, à la clé, un projet pédagogique. Cette année, 9000 scolaires de 170 établissements allant de la maternelle à la terminale ont répondu présent. «Construire un projet pédagogique dans la durée autour du concert permet de ne pas vivre la musique comme un produit de consommation», comme l'explique Solange Desormière, coordinatrice des projets de la médiation culturelle de la Folle Journée:

Un éveil à la musique et à la différence

En collaboration avec les centres médico-sociaux, la Folle Journée a développé l'éveil musical à la destination des lieux d'accueil des enfants handicapés en forme des concerts commentés par les artistes qui participent au festival. L'idée du projet est de permettre aux enfants handicapés de bénéficier de mêmes activités que les enfants valides, de tisser un lien avec la musique et en même temps, sensibiliser leurs camarades à la différence dès le plus jeune âge, comme nous l' a expliqué Michèle Guillossou, directrice de la SAEM Folle Journée de Nantes.

La pianiste Shani Diluka a choisi de clore sa Folle Journée avec un concert offert aux enfants de la crèche Le Jardin des poupies de Nantes qui accueillit une vingtaine d'enfants handicapés sur 70 et dont le projet vise l'intégration à tous les niveaux des enfants handicapés et de leurs familles. Pour la musicienne, c'est un choix personnel, une manière de revenir à l'essentiel :

Un éveil à la musique et à la différence, pour l'instant organisé hors les murs, que Michèle Guillossou souhaite dans les prochaines années placer au coeur même du festival. «Les artistes y sont autant attachés que nous. A terme, nous souhaiterions avoir un espace dédié pour les familles des enfants souffrant d'un handicap où ils pourraient partager l' effervescence artistique de la Folle Journée, au même titre que n'importe quel autre spectateur».

Sur le même thème