La chambre régionale des comptes pointe le succès et les fragilités de l’Orchestre national de Lille

La chambre régionale des comptes a étudié la gestion de l’Orchestre national de Lille entre 2010 à 2015. Si la juridiction souligne un chiffre d’affaire en hausse, elle s’inquiète de la « dépendance aux fonds publics » de l’ensemble.

La chambre régionale des comptes pointe le succès et les fragilités de l’Orchestre national de Lille
L'Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch, © Maxppp / Pierre Le Masson

Quelques mois seulement après l’arrivée d’Alexandre Bloch à la tête de l’Orchestre national de Lille, la chambre régionale des comptes dévoile un rapport sur la gestion de l’ensemble, entre 2010 et 2015. Le journal La Voix du Nord résume ce bilan en trois points : les bonnes notes, les fragilités et les recommandations.

On découvre qu’en 5 ans, la fréquentation des concerts de l’ONL a augmenté de 12%, les recettes de billetterie de 36%, que la part des abonnements a progressé de 40% et que le chiffre d’affaire a connu une croissance de 10%. Sur cette période, les chiffres de la compatibilité de l’orchestre sont donc positifs et la Chambre souligne un « bon fonctionnement » des instances rapporte le journal.

En ce qui concerne « les fragilités », La Voix du Nord explique que l’orchestre « affiche un déficit structurel d’exploitation compris entre 200 000 et 400 000 € par an ». Si les recettes du mécénat ont rencontré une hausse de 28%, les ressources propres restent trop faibles et « l’association est très dépendante des fonds publics », ce qui rend l’orchestre « vulnérable aux turbulences politiques ». Les subventions représentent 9,7 millions d'euros, et représentent 85% des ressources de l'ensemble. La Région apporte 5,2 millions d’euros, l’Etat 2,45 millions d’euros, et la ville de Lille 0,8 millions d’euros. Ce soutien massif de la région est caractérisé d’ « atypique » par la Chambre.

Enfin, la juridiction invite l’ensemble à mieux maîtriser les dépenses de personnel, et à surveiller l’absentéisme qui a « doublé en six ans en raison d’arrêts longue maladie », ce qui entraîne des charges supplémentaires. Les départs à la retraite, et surtout les primes qui les accompagnent, seront à surveiller car, en raison du vieillissement des musiciens, cela va « peser sur les comptes dans les années à venir ». En revanche, la rémunération du directeur musicale, qui représente entre 300 000 et 430 000 € est « en deçà de la moyenne des rémunérations perçues par les chefs d’orchestre de réputation internationale ».