La BBC Radio 3 en crise ?

La BBC Radio 3, antenne de la BBC consacrée à la musique classique, connaît une baisse de son audimat, et rencontre de vives critiques en Grande Bretagne.

La BBC Radio 3 en crise ?
Logo de la BBC Radio 3

3, 35% d’auditeurs en moins, et surtout 13,9% de diminution de la durée d’écoute par auditeur en un an : les chiffres du RAJAR (équivalent de Médiamétrie en Grande-Bretagne) pour la Radio BBC 3 offrent un sombre tableau de la santé de la chaîne spécialisée en musique classique au sein du groupe BBC.

Pourtant, le rapport du RAJAR montre qu’au dernier trimestre 2013, « jamais autant de personnes n’ont écouté la radio », et que Classic FM, chaîne privée concurrente, connaît de meilleurs résultats. Cette dernière a vu le nombre de ses auditeurs augmenter de 250 000 en un an, portant son audimat cumulé sur le dernier trimestre 2013 à 5,6 millions contre 2 millions pour la BBC Radio 3.

Depuis la fin du mois de janvier, les articles de presse se succèdent en Grande-Bretagne - particulièrement dans le Telegraph - et soulignent certaines crispations. Dans la guerre de l’audimat, Classic FM accuse ainsi la BBC Radio 3 de “singer” ses programmes, et de copier les “innovations” de l’antenne pour récupérer ses auditeurs. L’accusation a été portée par écrit à la commission chargée de la culture, des médias et des sports, et constitue une nouvelle pièce dans le chantier mené par le gouvernement britannique sur “l’avenir de la BBC”. les critiques de Classic FM sont formulées en trois points :

1- Selon Classic FM, la BBC Radio 3 diffuse trop d’extraits, ou de courtes oeuvres pendant les périodes de grande écoute.
2- Selon Classic FM, la BBC Radio 3 court après les auditeurs
3- Selon Classic FM, la BBC Radio 3 s’oriente vers des contenus plus “légers”, comme les bandes originales de films.

Dans une lettre ouverte publiée le 30 janvier dans le Telegraph, le directeur de la BBC Radio 3 Roger Wright répondait en dénonçant le “non-sens” de ces accusations, et faisait valoir “la complémentarité des deux stations”. M. Wright souligne aussi la richesse de la programmation de la station, ses 600 concerts par an, et réaffirme sa vocation à “enrichir le tissu culturel britannique. Malheureusement pour lui, Roger Wright doit aussi affronter les critiques de ses propres équipes. L’un des présentateurs, Michael White, a ainsi dénoncé récemment la “pression ” exercée sur la chaîne, et “l’obsession” d’améliorer l’audimat au détriment de la qualité des programmes. Une idée fausse, selon le directeur, qui évoque au contraire une gestion plus souple avec sa propre direction.

De réponses en contre-attaques, Roger Wright cherche à peindre un portrait harmonieux de la BBC Radio 3. Il déclare ne pas chercher à copier la concurrence, ne pas courir après les auditeurs, ne pas brader ses programmes, ne pas subir de pression… Mais avoue finalement les “difficultés” rencontrées par la BBC Radio 3, à commencer par la recherche du “juste équilibre” entre modernisation des programmes (en réponse à l’évolution des habitudes d’écoute) et sauvegarde de l’identité de la chaîne.

La bataille pour les auditeurs mélomanes est déclarée.