L’Orchestre de Toronto réinvente le programme de concert

Le « guide d’écoute » de l’Orchestre Symphonique de Toronto utilise symboles et le morse en guise de notation afin d’aider les auditeurs/spectateur lors des concerts.

L’Orchestre de Toronto réinvente le programme de concert
Première page du guide d'écoute pour la Symphonie No.41, K. 551 "Jupiter" de Mozart

Hannah Chan-Hartley est éditrice et musicologue au Toronto Symphony Orchestra. Elle supervise l’impression des programmes de l’orchestre, du dessin à la rédaction et l’édition de contenus, en passant par la création de surprenants guides d’écoute, en partenariat avec le designer graphique Gareth Fowler.

Le guide fait partie du programme général de la maison, depuis le début de la saison 2015-2016, lorsque la publication a été repensée dans son intégralité, en collaboration avec l’agence Haft2, située à Toronto. Mais ledit guide a provoqué récemment un flot de réaction, grâce au tweet du percussionniste Chester Englander, dans lequel il a publié une photo du guide d’écoute pour la Symphonie N°4 de Brahms.

Photo du guide d'écoute du TSO pour la Symphonie No.4 de Brahms, Op. 38, tweetée par le percussionniste Chester Englander (@MultiPercussive)
Photo du guide d'écoute du TSO pour la Symphonie No.4 de Brahms, Op. 38, tweetée par le percussionniste Chester Englander (@MultiPercussive)

Le guide d’écoute s’apparente à un habile mélange de texte et de graphiques, que les spectateurs peuvent lire durant le concert. Il s’agit d’un plan permettant de visualiser la progression de la musique, indiquant notamment les tonalités utilisées, les caractéristiques d’un instrument, et - par le biais du code morse - la durée des interventions de ceux-ci.

« Des guides de tous types pour aider l’écoute et la compréhension de la musique symphonique existent depuis le milieu du XIXe siècle, depuis que les institutions orchestrales se sont établies en Europe et en Amérique du Nord. », explique Chan-Hartley dans son interview accordée à Creative Review. Ces guides sont créés afin de renouveler le goût du grand public pour une forme d’art. « Nous voulons que le guide du TSO améliore à long terme, l’expérience musicale, tout comme nous nous engageons à prodiguer au public du contenu de qualité ».

L’initiative s’est déjà répétée, accompagnant notamment les représentations de la Symphonie N°5 de Beethoven, La Mer de Debussyou encore la Symphonie N°40 de Mozart.

Le guide en lui-même se démarque de la tendance générale qui consiste à proposer au public un recueil de descriptions textuelles, incluant des détails historiques sans pour autant « décrypter » la musique. Il existe également des applications très élaborées qui proposent de visualiser le concert et en même temps le conducteur, sous forme de pop-up afin d’alerter l’utilisateur sur une particularité musicologique de l’œuvre à l’écoute.

L’idée est donc de pouvoir représenter graphiquement et simplement ce qui est entendu, pour que chacun puisse comprendre, sans être particulièrement familier de l’écriture musicale. Enfin, Hannah Chan- Hartley explique qu’elle voulait un format ludique pour son guide, de manière à ce que le spectateur puisse apprécier d’un coup d’œil l’ensemble de la structure d’une pièce, les thèmes principaux, le développement, permettant ainsi une compréhension plus aisée de l’œuvre en elle-même.

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