L’Orchestre de chambre de Paris : 40 ans au service des autres

L’Orchestre de chambre de Paris souffle ses 40 bougies cette année. Depuis plusieurs années, l’ensemble parisien s’inscrit dans des démarches citoyennes, projets qui apportent autant aux publics visés qu’aux musiciens.

L’Orchestre de chambre de Paris : 40 ans au service des autres
Les Flibustiers du Qlassik sur la scène du théâtre Paris-Villette , © Jérémie Schellaert

« Cet orchestre considère que son rôle dans la cité, dans la ville, c’est de s’adresser à des public qui ne viennent pas au concert », lance Gilles Pillet, directeur de la communication et du développement à l’Orchestre de chambre de Paris qui supervise aussi les projets culturels et citoyens de l’ensemble. Un vaste champ d’opérations car les musiciens interviennent aussi bien auprès de migrants (via le projet Chansons migrantes) que de jeunes de quartiers défavorisés ou dans les milieux carcéraux.

Plus qu’une mission, cet engagement est au cœur de l’orchestre depuis sa création, il y a quarante ans cette année : « Au départ, l’orchestre a été conçu pour que ses musiciens puissent avoir du temps pour enseigner dans les conservatoires. Cet ADN est resté dans la fibre de tous les musiciens, y compris ceux qui nous ont rejoint, puis s'est transformé, au fil du temps », témoigne Gille Pillet. Aujourd’hui, même si l’action pédagogique auprès des scolaires reste centrale pour les musiciens, les projets s’ouvrent davantage à des publics plus éloignés du monde du classique. 

On n’est plus sur la musique classique, on est sur les rapports humains

Des projets minutieux à monter, comme c’est le cas des interventions en prison. L’Orchestre de chambre de Paris travaille depuis plusieurs années sur des projets communs avec la prison de Meaux : « L’année dernière, j’ai passé trois mois à travailler avec des prisonniers et l’aide du rappeur Ménélik », raconte Franck Della Valle, violon solo de l’orchestre. Après une trentaine d’ateliers, le projet, intitulé Les Flibustiers du Qlassik, s’est conclu sur une représentation, en prison puis sur la scène du théâtre Paris-Villette. 

« On n’est plus sur la musique classique, on est sur les rapports humains », témoigne le violoniste. « Il y a une rencontre. Par exemple quand on a fait le dernier concert, je me souviens qu’on s’est tous embrassés, détenus et musiciens, c’était très fort. » 

Véritable signature de l’Orchestre de chambre de Paris, ces projets sociaux et citoyens apportent autant aux personnes marginalisées qu’aux intervenants. « On change complètement d’univers, poursuit Franck Della Valle, je ne pensais pas qu’un jour j’irais en prison faire de la musique et partager tous ces moments avec les détenus »

Ces initiatives portées par l’administration de l’orchestre, les musiciens et par les responsables des actions culturelles au sein des prisons se multiplient ces dernières années et prennent des tournures singulières à chaque nouveau projet. L’Orchestre de chambre de Paris continue d’ailleurs son travail avec la prison de Meaux et se lance en 2018 un nouveau défi autour de la danse et de la boxe. 

Dates pour les 40 ans de l'Orchestre de chambre de Paris 

Mercredi 19 septembre : concert au Théâtre des Champs-Elysées avec au programme : Britten, Ravel, Mozart et une création d'Arthur Lavandier.  

Samedi 22 septembre : toute la journée, fête d'anniversaire au Centquatre dans le XIXe arrondissement de Paris.