L'ONDIF tente toujours de séduire le monde du cinéma

Du 24 au 29 juin, c’est la fête du cinéma. Pendant 4 jours, toutes les séances sont à 4 euros et c’est également l’occasion pour nous de revenir sur le pack cinéma lancé il y a un an par l’Orchestre national d’Ile-de-France.

L'ONDIF tente toujours de séduire le monde du cinéma
Enrique Mazzola & l'Orchestre National d'Île de France © orchestre-ile.com

Il voulait rendre attractif l’enregistrement de musiques de film en France. L’année dernière, à Cannes, l’Orchestre national d’Ile-de-France présentait un pack dont l’objectif est d’encourager les producteurs à enregistrer leurs bandes originales avec les musiciens de l’ONDIF. Aujourd’hui, pour des raisons économiques, cette activité est surtout concentrée dans les pays d’Europe de l’est, notamment à cause de ce que l’on appelle les “droits voisins ”, des droits de propriété intellectuelle qui protègent les musiciens, mais qui doivent être renégociés à chaque diffusion d’une œuvre. Un système jugé trop cher et trop compliqué pour beaucoup. Afin d’être compétitif, l’ONDIF propose donc un devis clair, droits inclus.

Un nouveau studio

Un an après, cette offre fonctionne-t-elle ? « Oui, dans le sens où nous avons été approchés par plusieurs compositeurs », répond Fabienne Voisin, directrice de l’orchestre. Mais malgré deux tentatives, aucun enregistrement n’a pu être effectué, « une fois parce que le compositeur n’a pas rendu la partition à temps, et une seconde fois parce que nous n’étions pas disponibles au moment où il fallait enregistrer ».

En discutant avec les professionnels du cinéma, l’ONDIF a réalisé qu’il devait fournir un effort supplémentaire pour que son pack gagne en visibilité : « Il faut pouvoir proposer aux équipes de film un studio moderne. Or actuellement, dans notre résidence, c’est la seule pièce qui n’a pas été rénovée depuis une vingtaine d’années ». L’orchestre a donc décidé d’inclure dans son pack la possibilité d’enregistrer la musique dans un studio adapté : « Nous sommes sur un projet plus ambitieux que celui que nous avions imaginé au départ, mais qui sera plus complet. Nous allons donc rénover notre studio pour qu’il puisse enregistrer de la musique d’orchestre symphonique, en dolby, mais également en son binoral ou immersif, ce que l’on appelle aussi le son 3D. Il pourra ainsi correspondre aux nouvelles générations de salle de cinéma ». Et Fabienne Voisin l’affirme : un studio qui propose ces deux possibilités d’enregistrement est inédit en France.

Récolter des fonds

Afin de réaliser ces changements, l’ONDIF est en pleine recherche de fonds : « Pour le financement, un tiers proviendra de nos tutelles, puisque les travaux se déroulent dans le bâtiment de l’orchestre, un tiers de fonds privé, et il y aura un tiers d’apport personnel ». Et le prix du pack n’en sera pas modifié, « il est hors de question de faire porter sur l’utilisateur final le coup de construction, c’est pourquoi nous avons besoin de partenaires pour nous aider ». Avec ce pack, les 20 premières minutes d’enregistrement sont facturées 15 000 euros, un prix qui devient ensuite dégressif. Plusieurs partenaires seraient déjà très interessés « parce que c’est novateur » explique Fabienne Voisin, mais il faut faire vite, puisque l’orchestre souhaite mettre en place cette nouvelle offre, au plus tard, en janvier 2017, et qu’il faudra compter au moins six semaines de travaux.

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