L’incroyable combat d’un jeune danseur syrien face à la guerre : “Danse ou meurs”

Dans un documentaire vidéo sorti en juillet 2016 et intitulé “Danse ou meurs”, un journaliste de la chaîne néerlandaise Nieuwsuur a suivi Ahmad Joudeh, jeune danseur syrien de 26 ans, dans son quotidien.

L’incroyable combat d’un jeune danseur syrien face à la guerre : “Danse ou meurs”
Capture du documentaire Dance or die (Danse ou meurs) réalisé par la chaîne néerlandaise Nieuwsuur ©Nieuwsuur/CaptureYoutube

Ahmad Joudeh a 26 ans, il est danseur et vit en Syrie, à Damas. Sur sa nuque, un tatouage : Dance or die (Danse ou meurs) écrit en indien. Depuis la guerre qui a éclaté dans son pays en 2011, il tente de survivre malgré les menaces de mort qui pèsent sur lui. L’Etat Islamique bannit la culture dans les zones contrôlées syriennes et quiconque veut chanter, danser, ou faire de la musique risque d’être tué.

Dans un documentaire vidéo d’une vingtaine de minutes sorti en juillet 2016, Roozbeh Kaboly, un journaliste de la télévision néerlandaise Nieuwsuur, suit le jeune danseur dans son quotidien à Damas, puis à Palmyre - ville contrôlée et détruite pendant 10 mois par l’Etat Islamique - dans laquelle la mère d’Ahmad Joudeh a grandi.

Le danseur, lui, a passé la plupart de sa vie dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, en périphérie de Damas. Mais en cinq ans de guerre, les bombardements ont détruit son quartier et sa maison. Il vit aujourd’hui avec sa mère dans la capitale. Dans le documentaire, le journaliste le suit retourner dans son ancien quartier du camp de Yarmouk. Au milieu des ruines, Ahmad Joudeh ne reconnaît plus les lieux et se met à danser dans les décombres pour toutes les personnes qui ont perdu la vie, dont cinq membres de sa famille.

Ahmad Joudeh
Ahmad Joudeh

Une photo publiée par Ahmad Joudeh (@ahmadjoudeh90), le 6 Août 2016 à 9h43

«Tout le monde se bat à sa manière»

Ahmad Joudeh continue de danser, dans les ruines, sur son toit, et avec des jeunes à qui il donne des cours, en ville et dans un orphelinat de jeunes syriens qui ont perdu leurs parents pendant les conflits. C’est sa manière de lutter contre l’Etat Islamique et la guerre. Un combat au service de la culture, soutenu par sa mère : « Tout le monde se bat à sa manière. La résistance de mon fils est une lutte contre ceux qui se battent contre notre culture et veulent interdire la danse. Le ballet fait partie de notre culture, c’est aussi ça, la guerre. »

Son père n’était pas du même avis. Il frappait son fils aux jambes et brûlait ses habits de danseur quand il était plus jeune. Après le divorce de ses parents, Ahmad Joudeh n’a plus jamais entendu parler de lui. Aujourd’hui, ce n'est plus son père mais l’Etat Islamique qui le menace : « Ils m’ont dit qu’ils allaient tirer dans mes jambes juste pour que je perde ma capacité à danser, car ils savent que je suis un danseur. Ils n’arrêtent pas de me lancer des messages comme quoi ils me tueraient si je restais ou si je continuais à donner des cours aux enfants ».

Et dans quelques mois, une autre difficulté risque de changer sa vie : le service militaire obligatoire. « Je ne veux pas y aller en mars prochain. Je veux voyager pour étudier, et je pense que c’est mieux pour moi mais je ne peux pas, je ne suis pas assez riche. Maintenant, je commence à être inquiet pour mon futur ».

En attendant, Ahmad Joudeh danse parmi les balles que l’on entend à plusieurs reprises dans le documentaire (en anglais), à découvrir ci-dessous :

Sur le même thème