L’homme qui réparait les musiciens

La Folle Journée accueille cette année un bénévole assez particulier. Pierre Molto est ostéopathe, fidèle de la première heure du festival nantais et il soigne les tensions et contractures des musiciens.

L’homme qui réparait les musiciens
L'ostéopathe Pierre Molto en train de manipuler le clarinettiste José Conde qui souffre d'une contracture dans le haut de l'épaule. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Cela fait depuis février 1995, c’est-à-dire la première édition, que Pierre Molto n’a pas raté une seule Folle Journée. Passionné de musique, cet ostéopathe nantais a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice de ce festival qu’il aime tant. Pour la première fois cette année, il officie à la Folle Journée pour soigner les musiciens.

« Grâce à des connaissances qui travaillent avec René Martin [le directeur artistique de l’évènement, ndlr], j’ai peu lui proposer mon aide, ce qu’il a accepté immédiatement » explique le praticien. Si de nombreux musiciens (près de 2000 cette année) n’étaient pas au courant de la présence de l’ostéopathe à la Cité de congrès de Nantes, ceux qui ont appris leur existence auprès du service d’accueil ne se sont pas fait priés.

« Je reçois entre 10 et 15 musiciens par jour. A raison d’une cinquantaine de minutes de séance par personne, ça me fait des grosses journées mais je suis tellement heureux de participer à cette grande aventure ». Le praticien a installé son cabinet provisoire à l'intérieur d'une billeterie de la Cité des Congrès.

© Victor Tribot Laspière / France Musique
© Victor Tribot Laspière / France Musique

Le succès de l’ostéopathe à la Folle Journée est simple. D’un côté, les musiciens qui sont très souvent en tournée passent leur temps entre l’avion, le taxi, la salle de concert et l’hôtel et n’ont pas forcément le temps de prendre un rendez-vous, de l’autre, quand ils viennent à Nantes, c’est au moins pour deux ou trois jours de concerts, une longue amplitude qui leur permet de profiter des pauses pour aller se faire manipuler.

Mais c’est aussi là que réside le danger : la Folle Journée peut se transformer en véritable marathon musical, ce qui peut causer des dégâts. José Conde est portugais et joue de la clarinette avec le quintette Zambujo, il a pris un rendez-vous pour cause de contracture dans le haut de l’épaule.

« Nous allons jouer 13 concerts en 9 jours, c’est une expérience très forte mais aussi très fatigante. Quand j’ai su qu’on pouvait consulter un ostéopathe, j’ai sauté sur l’occasion car je sais que cela m’aider grandement à tenir le rythme jusqu’à la fin de la Folle Journée », explique le musicien.

Pierre Molto, qui a aussi l’habitude de recevoir en consultation certains musiciens de l’Orchestre national des Pays de la Loire, retrouve des similitudes par famille d’instrumentistes au niveau des douleurs ressenties. « Les positions adoptés par les violonistes par exemple peuvent poser problème. Ils restent longtemps dans des postures très asymétriques. Ils exercent une pression très importante avec leurs doigts, combinée à une très grande rapidité d’exécution. C’est très sportif pour eux »

Les journées de Pierre Molto aussi ont dû être sportives mais il se récompense avec ce qui le passionne. « A partir de 19h, je ferme mon cabinet provisoire pour enchaîner avec les concerts du soir. Un vrai plaisir ! »

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