L’étoile Karl Paquette fera ses adieux à la scène le 31 décembre

Le danseur étoile Karl Paquette va saluer une dernière fois le public de l’Opéra de Paris le 31 décembre 2018, à l’issue d’une représentation de Cendrillon, à Bastille, après 25 ans de carrière.

L’étoile Karl Paquette fera ses adieux à la scène le 31 décembre
Le danseur étoile Karl Paquette, © AFP / Stephane de Sakutin

Il s'est bâti une réputation de sauveur au ballet de l'Opéra de Paris pour avoir maintes fois remplacé, parfois au pied levé, des danseurs blessés. Très apprécié du public, le danseur étoile Karl Paquette fera ses adieux à la scène le 31 décembre 2018, à 42 ans, comme l’exige la tradition. « Il va beaucoup manquer à l'Opéra », répète-t-on en interne.

En 25 ans de carrière, Karl Paquette n'a presque jamais été blessé. « Je touche du bois, j'ai été épargné par les blessures... j'ai une bonne génétique », affirme-t-il à l'AFP à l'Opéra Bastille où il interprétera pour la dernière fois Cendrillon de Rudolf Noureev. « Je n'ai pas souffert d'une carrière en dents de scie où tout d'un coup, on n'arrive pas à assumer complètement d'être en scène », confie-t-il.  « On a vu des danseurs très brillants mais pas assez réguliers dans le travail devenir finalement des étoiles filantes », souligne Karl Paquette.

Karl Paquette
Karl Paquette, © AFP / Stephane de Sakutin

« Rêver autant de foot que de danse »

C'est en 2009, que Karl Paquette a été nommé danseur étoile, à l'âge relativement tardif de 33 ans. Mais avant même d'atteindre le Graal, il avait remplacé tellement de danseurs qu'il était déjà presque tout le temps sur scène. Souvent, on lui annonçait le remplacement dans la journée. Il y a eu « des conditions un peu hard où l'on remplace l'après-midi pour le soir-même, ce ne sont pas conditions idéales pour aborder de grands rôles », explique le danseur. Mais « c'est ce qui nous fait progresser », assure-t-il en s'exerçant à la barre.

Élève du grand maître de ballet français Max Bozzoni, ayant intégré l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris à l'âge de 10 ans, il n'avait pourtant pas les genoux et les pieds idéaux pour la danse classique. « Je ne me considère pas comme LE grand danseur », sourit Karl Paquette. « Quand je suis entré à l'école de danse, je rêvais autant de football que de danse », ajoute l'artiste, fils d'enseignants. « Ce n'est jamais facile quand on décide à 10 ans de choisir un métier alors qu'on rêve de s'amuser avec les copains... mais le sacrifice nous rend tellement plus fort ».

Il concède avoir connu une légère traversée du désert avec l'arrivée de Benjamin Millepied à la direction artistique du ballet de l'Opéra en 2014 et dont le départ précipité un an et demi plus tard a secoué la maison. Cette période « n'a pas été pour moi la meilleure dans le sens où il a voulu insuffler une nouvelle génération et je me suis senti mis au placard », se rappelle-t-il, même s'il lui est reconnaissant d'avoir introduit un dispositif médical au sein de l'Opéra pour s'occuper de la santé des danseurs.

« Benjamin a essayé d'insuffler quelque chose de très américain, de vouloir un peu révolutionner trop rapidement l'Opéra de Paris. C'est une vieille maison, on ne change pas les murs comme ça », assure le danseur, qui veut désormais transmettre sa passion. 

avec AFP