L'enquête interne de l’OSM contre Charles Dutoit pour harcèlement sexuel est non conclusive

L'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) annonce que l'enquête interne ouverte fin 2017 à la suite de plaintes pour harcèlement sexuel contre le chef d'orchestre Charles Dutoit, ne permet pas de confirmer ces accusations.

L'enquête interne de l’OSM contre Charles Dutoit pour harcèlement sexuel est non conclusive
Charles Dutoit, © Maxppp / ROBERT GHEMENT

Fin décembre 2017, l’Orchestre symphonique de Montréal avait confié une enquête à une experte indépendante, suite à deux plaintes de harcèlement sexuel formulées à l’encontre de Charles Dutoit. Des accusations que l'ancien directeur musicale de l'OSM (1977-2002) avait alors catégoriquement rejetées, et qualifiées de « choquantes ». 

« Bien que la démarche entreprise était sérieuse et respectueuse des meilleures pratiques en matière d’enquête interne de harcèlement, cette enquête n’a pas permis de consigner d’informations suffisantes en rapport avec des allégations de harcèlement sexuel », a conclu l’experte, citée par l'orchestre dans un communiqué. Les deux plaignantes « n'ont pas souhaité donner suite à leurs plaintes » et « le processus d'enquête a donc pris fin mi-octobre », poursuit la formation.

Une première plainte avait été déposée après les révélations de quatre femmes - trois chanteuses d'opéra et une musicienne - qui ont affirmé avoir été agressées sexuellement par Charles Dutoit entre 1985 et 2010. Dans le sillage de ces révélations, au moins cinq orchestres symphoniques, le Royal Philharmonic de Londres, l'Orchestre de Cleveland, le San Francisco Symphony, l'Orchestre symphonique de Boston et l'Orchestre philharmonique de New York avaient décidé de mettre fin à leur collaboration avec le maestro suisse.

« Tirer les enseignements »

Charles Dutoit, aujourd'hui âgé de 82 ans, avait quitté son poste à l'OSM en 2002 après avoir été accusé par plusieurs musiciens d'être un « tyran » capable de « cruauté mentale », rappellent les quotidiens canadiens Le Devoir et La Presse.

L'OSM indique dans son communiqué qu'il compte « tirer les enseignements qui s'imposent en adoptant une nouvelle politique, renforcée et élargie ». L'orchestre veut notamment « inclure une clause dans le contrat de son prochain directeur musical l’engageant à respecter la politique de prévention en matière de harcèlement au travail et de discrimination ». L'actuel directeur musical de l'OSM, Kent Nagano, doit quitter son poste en 2020.

avec AFP