Baisse de subvention de la région Île-de-France : l’Ariam menacée de disparaître

Après le Festival d’Île-de-France, l’Ariam (Association régionale d'information et d'actions musicales) subit à son tour une forte baisse de sa subvention allouée par la région Ile-de-France. Selon ses salariés, la structure va définitivement disparaître.

Baisse de subvention de la région Île-de-France : l’Ariam menacée de disparaître
Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, lors de la conférence de presse de présentation du budget de la Région pour 2017 , © Maxppp / Christophe Morin

Dans un communiqué publié lundi 16 janvier 2017, les salariés de l’AriamÎle-de-France, l’association régionale d’information et d’actions musicales, annoncent la suppression définitive de la structure et de ses activités. La subvention allouée à l’organisme par la région Ile-de-France, qui est son principal financeur, a été largement diminuée, passant de 1 135 000 euros en 2015 à 750 000 euros en 2017.

L’objectif de cette manœuvre est claire, explique Antoine Pecqueur dans sa chronique Culture éco : provoquer la disparition de la structure. « Ni l’Ariam, ni nos autres partenaires institutionnels, en particulier la DRAC Île-de-France, n’ont été informés des menaces de liquidation qui pesaient sur notre structure. Cette annonce stupéfiante donne un coup d’arrêt brutal à un projet fort de 41 ans d’évolution et de réussites dans le domaine de l’enseignement, de l’éducation et des pratiques artistiques et culturelles, » indiquent les salariés dans leur communiqué. Ils ajoutent que cette décision leur a été « confirmée oralement » par Agnès Evren, vice-présidente chargée de l’Education et de la Culture au Conseil régional d'Île-de-France. L’impact social de cette décision est « loin d’être négligeable », rappelle la directrice de l’Ariam, Bernadette Grégoire, qui déclare que, « le plan de licenciement toucherait l’ensemble des salariés c’est-à-dire 20 personnes. »

Dans sa chronique, Antoine Pecqueur rappelle le rôle de l’Ariam, « lieu de formation à destination notamment des professeurs de conservatoire, avec une soixantaine de formations proposées, allant de l’improvisation à la direction d’établissement d’enseignement artistique ». L’ Ariam c’est aussi un parc instrumental important, « bien connu des ensembles qui y louaient des instruments à des prix très bas ».

Lionel Sow, chef de Chœur de l’Orchestre de Paris a beaucoup bénéficié des différentes activités proposées par l’Ariam. « C’est à l’Ariam que j’ai bénéficié de mes premiers cours de chant à partir de l’âge de 10 ans, mais c’est aussi là-bas que j’ai pu rencontrer des professionnels qui m’ont accompagné et conseillé lorsque j’ai dirigé mon premier chœur, » témoigne-t-il. Le chef se dit aujourd’hui stupéfait par cette annonce, « une décision brutale, inattendue, qui semble avoir été faite sans concertation. » Il y a mois, Lionel Sow participait encore à une table ronde sur la pratique du chant en conservatoire avec l’Ariam. « C’est un réel lieu d’échange et de partage, » explique-t-il avant d’ajouter, « je n’aurais pas pu faire mon métier sans certaines rencontres, et certaines se sont faites au sein de cette structure ».

Agnès Evren avance de son côté que le budget culture de la région était en hause de 4% jusqu’en 2017, et que la région souhaite désormais donner moins d’argent aux frais de structure pour en accorder plus, et directement, aux acteurs culturels. Elle rappelle également que l’Ariam était l'une des dernières structures de ce type en France.

Une pétition « Pour le maintien de l’Ariam Île-de-France » a été lancée par un collectif d’usagers de la structure, en écho à la mobilisation lancée pour sauver le Festival d'Ile-de-France, également menacé de disparition suite à la baisse de 68% de la subvention de la région, dont il est aujourd'hui intéressant d’analyser la politique culturelle, puisqu' Agnès Evren vient d'être choisie pour intégrer l'équipe de conseillers culture de François Fillon, « la région IÎe-de-France pourrait être vu comme un laboratoire » conclut Antoine Pecqueur.