João Carlos Martins de retour au piano grâce à des gants bioniques

Une maladie et plusieurs accidents avaient forcé le pianiste brésilien João Carlos Martins à abandonner le piano en 2019. Mais grâce à des gants bioniques, les doigts du musicien dansent à nouveau sur le clavier.

João Carlos Martins de retour au piano grâce à des gants bioniques
Joao Carlos Martins et ses nouveaux gants qui lui permettront bientôt de remonter sur scène, © AFP / Miguel Schincariol

En juin 2020, le pianiste João Carlos Martins fêtera ses 80 ans. Trois mois plus tard, il donnera un concert au Carnegie Hall pour le 60e anniversaire de sa première performance dans la prestigieuse salle new-yorkaise. Un concert rendu possible grâce à ses nouveaux gants bioniques, et qui « montre à des millions de personnes de 80 ans qu'elles peuvent avoir des buts et des objectifs », se réjouit l’interprète reconnu de Bach. Parce que le musicien brésilien revient de loin. 

A 18 ans, on lui diagnostique une dystonie focale, maladie qui provoque des spasmes musculaires involontaire et touche notamment ses mains. Puis, il se blesse au coude lors d'un match de football et une violente agression à la tête en Bulgarie lui laisse des séquelles. Il y a une vingtaine d'années, la maladie le contraint progressivement à ne jouer que de la main gauche, puis à n'utiliser que ses pouces. Sans autre choix, il se tourne alors vers la direction d'orchestre, avant de faire ses adieux à la scène en février 2019. 

Des gants en néoprène et des pièces imprimées en 3D lui permettent à nouveau de jouer
Des gants en néoprène et des pièces imprimées en 3D lui permettent à nouveau de jouer , © AFP / Miguel Schincariol

Son salut vient alors d'un inventeur, Ubirata Costa, qui vient le voir un jour dans sa loge avec une paire de gants technologiques et l'espoir de lui redonner un peu de joie. « Les gants ne fonctionnaient pas, mais je ne voulais pas être impoli, je l'ai invité à déjeuner », raconte João Carlos Martins. 

A partir de ce moment, Ubirata Costa commence à travailler sur de nouveaux prototypes de ces gants qui associent du néoprène à des pièces imprimées en 3D.  « J'ai déjà perdu le compte de combien j'en ai fait », explique le concepteur. 

Avec « l’apparition de ce fou avec ses gants », João Carlos Martins raconte que son quotidien se résumait à « se réveiller à 5H30 », à vérifier que son nom n'était pas dans la nécrologie des journaux et à mémoriser des partitions. Il en connaît 15 000 par cœur, la maladie l'empêchant de tourner les pages. 

Grâce aux gants appareillés et à un robot venu d'Europe chargé de tourner les pages des partitions, Joao Carlos Martins peut à nouveau espérer se consacrer à son art. « Maintenant je me réveille en écoutant de la musique (...) et je vais me coucher en l'écoutant travailler », raconte Carmen Martins, l'épouse du musicien.