Jean-Noël Tronc plaide pour des financements massifs en faveur de la filière culturelle

« Pourquoi il faut un plan Marshall pour la culture ». Dans un long entretien accordé au magazine la Scène, le directeur général de la Sacem Jean-Noël Tronc dresse un bilan de la crise sanitaire et décrit ses inquiétudes pour un secteur qu’il estime oublié des pouvoirs publics.

Jean-Noël Tronc plaide pour des financements massifs en faveur de la filière culturelle
Jean-Noël Tronc plaide pour des financements massifs en faveur de la filière culturelle, © AFP

Après avoir rappelé que les pertes de collectes en droits d’auteur sont estimées cette année entre 20 et 25% (jusqu’à 70% pour le spectacle vivant) le directeur de la Sacem s’inquiète : « une partie de la destruction économique va se traduire par une destruction culturelle probablement irréversible parce que beaucoup de projets qui n’auront pas vu le jour ne seront jamais concrétisés ». Aussi, plaide-t-il pour un plan de relance global contenant des mesures spécifiques fortes pour le secteur culturel. Pour Jean-Noël Tronc, il s’agit de « garder en tête qu’en terme d’acteurs économiques la culture n’est pas un coût, elle est d’abord un revenu. » 

Autre conséquence de la crise sanitaire, une chute des recettes en copie privée de l’ordre de 25%, directement liée à la baisse de vente des smartphones pendant le confinement. Cette chute aura certainement un impact extrêmement préoccupant en 2021 « pour l’ensemble de l’action culturelle des sociétés de gestion collective ».

Enfin, prévient-il, ce sont les auteurs, population déjà fragile car ni intermittent du spectacle ni salarié, donc passée entre les mailles des premières mesures de secours de l’État, qui risquent de payer le plus lourd tribut à cette crise. Le directeur de la Sacem appelle l’exécutif à se projeter sur 3 à 5 ans, afin que les acteurs de la culture puissent peser dans les logiques d’une reconstruction. « Une partie du projet culturel français est en danger » estime Jean-Noël Tronc.