"J'ai été fouillée comme une criminelle" : Pretty Yende bouleversée après un contrôle à Roissy

Mis à jour le mercredi 23 juin 2021 à 09h15

La cantatrice sud-africaine s'est fendue d'un long message sur les réseaux sociaux, où elle raconte avoir été placée lundi dans une cellule de rétention de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

"J'ai été fouillée comme une criminelle" : Pretty Yende bouleversée après un contrôle à Roissy
"Les violences policières sont réelles pour quelqu'un qui me ressemble", a également écrit Pretty Yende en préambule de son témoignage, © Capture d'écran du compte Instagram pretty_yende_official

Son témoignage a entraîné un vif émoi sur les réseaux sociaux ce mardi. Dans un long message sur son compte Instagram, la chanteuse lyrique sud-africaine Pretty Yende indique avoir été contrôlée hier lors de son arrivée à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, une interpellation dont elle est sortie particulièrement chamboulée. "Ils ont pris mes affaires, y compris mon portable, et m'ont demandé d'écrire les numéros de ma famille proche et de mes amis [...] Ils m'ont dit qu'ils allaient me conduire à un 'hôtel prison' et pendant ce temps, ils me regardaient comme si j'étais une criminelle", raconte Pretty Yende : "Je leur ai dit que ma batterie de téléphone était presque à plat, et s'ils avaient à tout hasard un chargeur. L'officier de police m'a dit 'écoute-moi attentivement, tu n'auras pas ton téléphone."

"Je lui ai demandé : 'suis-je une prisonnière ?' Il a brutalement répondu : 'oui.' "- Pretty Yende

"J'ai été déshabillée et fouillée comme une criminelle"

"J'ai été déshabillée et fouillée comme une criminelle, et placée dans une cellule de rétention du terminal 2B du contrôle douanier", poursuit la cantatrice : _"Il faisait froid, au début il n'y a avait pas de lumière. Ils m'ont laissé là seule avec le téléphone fixe et le morceau de papier qu'ils m'avaient donné pour écrire les numéros de téléphone de ceux que je pouvais appeler. La plupart des agents ont refusé de s'adresser à moi en anglais, il y en avait plus de dix, je pouvais les entendre parler et rire dans le couloir."  Dans son témoignage, Pretty Yende fait le lien entre ce qu'elle a vécu et les "violences policières" : "les violences policières sont réelles pour quelqu'un qui me ressemble",_ écrit-elle, renvoyant à l'étendue des discriminations que subissent les personnes noires.

"Je n'ai pas été 'brutalement interrogée' ni torturée physiquement", précise Pretty Yende dans un second message posté peu après, où elle remercie les internautes pour leur soutien et assure aussi "aimer ce pays" : "ensemble nous avons partagé de nombreuses expériences magnifiques, et il est malheureux que cela ait eu lieu hier."

Des "vérifications d'usage"

Arrivée de Milan peu avant 16h lundi, l'artiste de 36 ans a effectivement été contrôlée par la police aux frontières. Elle disposait d'un passeport sud-africain dépourvu de visa, a indiqué une source policière française à l'Agence France Presse. "À aucun moment il n'y a eu d'incidents" et il ne lui a lui pas été demandé de se déshabiller, a-t-elle également souligné. Placée dans une "salle de maintien" le temps d'examiner sa situation, Pretty Yende en est sortie avec un visa de régularisation qui lui a permis d'entrer sur le territoire français, a précisé une source aéroportuaire. Il s'agit de "vérifications d'usage" et la chanteuse n'a pas été ciblée en raison de sa couleur de peau, a ajouté cette source.

"Elle était dans une salle où il y a de la lumière et où elle avait son portable au départ. Ensuite, après une palpation de sécurité par un officier féminin, son portable est pris car il dispose d’une caméra et il est interdit de filmer", détaille la police aux frontières au Parisien. Sa première audition, à 17h05, se serait faite "en présence d’un interprète de langue anglaise" et une heure après, Pretty Yende quitte le poste de police : "à aucun moment l’intéressée n’a fait mention de problème d’attitude des policiers, qu’elle a tenu à remercier à sa sortie."

"C’est Michel Franck, directeur du Théâtre des Champs-Élysées, et ma manageuse Gianluca Macheda qui m’ont aidée à sortir de là", explique de son côté Pretty Yende, interrogée également par le quotidien, évoquant toujours une "expérience terrible et inoubliable". Cette dernière n’entend pas pour autant porter plainte, estimant qu’elle n’est pas en mesure pour l’instant de "vraiment exprimer le choc de ce qu’il s’est passé".