Inscriptions en conservatoire : Le parcours du combattant pour les parents

Les places en conservatoire pour les enfants et débutants en 1ère année de cycle musical ne sont pas nombreuses. Les critères de sélection diffèrent selon les villes, ce qui complique l’organisation des inscriptions. A Paris, c’est un véritable casse-tête.

Les inscriptions en cours de musique dans les conservatoires posent problème. La demande est actuellement supérieure à l’offre, ce qui provoque des encombrements conséquents. Quand le dossier des jeunes candidats n’est pas mis sur liste d’attente pour une durée indéterminée, les parents attendent des heures, voire des nuits devant les conservatoires.

A Paris on recense 17 conservatoires pour 20 arrondissements. 910 places sont accordées en éveil musical contre des milliers de demandes.

Le 12 juin dernier, la Mairie de Paris a mis en place un numéro d’appel unique sur un seul jour pour tenter d’organiser l’inscription dans les conservatoires, des enfants en première année de cycle musical (CE1) et aux grands débutants. Résultat : le standard téléphonique a été saturé en quelques heures, avec pas moins de 360.000 appels traités par une soixantaine de téléopérateurs. Comme ce couple qui a passé 250 appels pour l’inscription de son fils. Pour Muriel Mahé, présidente de l’association des parents d’élèves du conservatoire du XVème arrondissement de Paris « c’est tous les ans la même chose ». A la suite de l’incident, la Mairie de Paris a dû reconduire les dates d’inscriptions. Elles sont annoncées ici.

Le déséquilibre entre l’offre et la demande s’explique en partie par l’accessibilité financière des cours. A Paris, le tarif fixé par la plupart des arrondissements est compris entre 73 euros et 612 euros par an. A contrario, l’agrandissement des conservatoires n’est pas la priorité des municipalités qui manquent de budget. On souligne toutefois un effort de la part des élus. Quatre nouveaux conservatoires sont prévus d’ici 2015. Les écoles développent progressivement des cursus en musique – par exemple, le dispositif de Classes à Horaires Aménagés Musique (Cham) – et 150 postes d’enseignants ont été créés depuis 2012.

On peut aussi expliquer l’accroissement de la demande des inscriptions par un accès au conservatoire rendu plus simple. Depuis une dizaine d’années, la majorité des écoles de musique ont abandonné les tests d’aptitude, jugés souvent « élitistes ».

Comment la sélection est-elle établie dans les conservatoires ?

En France, il n’existe pas de réglementation type. Les villes se focalisent sur des critères qui sont les leurs. A Nantes, les inscriptions en éveil musical se font par tirage au sort. A Lyon, l’inscription en ligne reste le dispositif privilégié. Il permettrait à des enfants dont les « profils sont très différents » de pouvoir se présenter. Pour Jean-Paul Alimi, directeur des études au conservatoire de Nice, le test d’aptitude est pour le moment le seul système que l’établissement ait trouvé. Les jeunes candidats (âgés de 5 à 6 ans) sont évalués par un jury sur leur agilité à marcher en rythme et leur aptitude à la mémorisation vocale.