Inquiétudes autour des classes à horaires aménagés à Toulouse

Dans le cadre d’un projet visant à favoriser la mixité scolaire, l’inspecteur d'académie de Toulouse veut fermer le collège qui accueille les classes à horaires aménagés musique et danse de la ville. Une fermeture qui, pour beaucoup, aurait des conséquences néfastes sur l’enseignement artistique.

Inquiétudes autour des classes à horaires aménagés à Toulouse
L'amphithéâtre du Conservatoire de Toulouse

A Toulouse, le paysage scolaire est aujourd’hui en vaste chantier. Afin de favoriser la mixité sociale, le département souhaite répartir différemment les collégiens dans les établissements de la ville, et va fermer les collèges Badiou et Bellefontaine, situés dans le quartier du Mirail. Mais à ce projet, qui a été validé mercredi 11 janvier, l’inspecteur d'académie a décidé d’y ajouter la fermeture de l’annexe du collège Michelet, dont les locaux sont intégrés au Conservatoire et où étudient actuellement les 140 élèves en classes à horaires aménagées musique et danse de la ville.

A partir de la rentrée 2018, ils seront scolarisés dans deux autres collèges de la ville, situés à une demi-heure du Conservatoire, ce qui soulève une certaine inquiétude chez les parents, enseignants et anciens élèves. Tous ont décidé de se mobiliser et de se rassembler autour du slogan « Pas touche aux horaires aménagés ». Sur un site internet ils font part de leurs différentes craintes : le temps perdu par les élèves dans les transports, l’inévitable réduction du nombre d’heures consacrées à la musique, la fatigue des élèves. Ces derniers n’auront également plus accès aussi facilement aux studios de répétition du Conservatoire et le dialogue entre les deux équipes pédagogiques risque d’être moins bien assuré. A terme, ce sont également des effets dramatiques sur la qualité de la Maîtrise de Toulouse, dont les chanteurs sont actuellement scolarisés dans ces classes à horaires aménagés, qui sont redoutés.

Une pétition a été mise en ligne et de nombreux témoignages d’anciens élèves, comme Laurent Marfaing, altiste au sein du Quatuor Modigliani, ont été publiés. Tous font l'éloge de la qualité de l’enseignement qu’ils ont reçu, de l'environnement très riche dans lequel ils étaient plongés, et de la grande mixité qui régnait au sein des classes.« Nous étions de toutes les origines, de tous les milieux, avec des moyens financiers différents mais cependant unis par le même plaisir d’apprendre, » résume ainsi une jeune bassoniste.

Des réunions et des rencontres sont prévues avec l’académie pour aborder ce sujet.