Histoire de... l'opéra slave : un aperçu historique

A l’occasion de la huitième édition de Tous à l’Opéra, francemusique.fr vous propose à la réécoute les archives d’Histoire de… d’Anne-Charlotte Rémond consacrée à l’opéra slave, avec trois grandes nations sous la loupe : la Russie, la Bohème et la Pologne.

Histoire de... l'opéra slave : un aperçu historique
histoire de l'opéra slave - sommaire - 603 x 308

Depuis l’implantation de l’opéra venu de l'Italie et la France à la fin du XVIIIe siècle, à travers les fondations des opéras nationaux au milieu du XIXe siècle, jusqu’à la consécration internationale des grandes figures dans les années 1950....

Que connaît-on vraiment sur les opéras slaves ? Pas grand-chose, probablement. Quelques rares oeuvres inscrites au répertoire de nos maisons d'opéra européennes, majoritairement russes, et un certain engouement pour les compositeurs tchèques de la fin du XIXe mises à part, il nous serait très difficile de citer les opéras d'un Prokofiev, par exemple, ou même d'un Tchaikovski. En plus, les musiques slaves ne se réduisent pas seulement à la Russie; loin s'en faut. Les slaves forment un groupe de population très important, qui comprend à l'ouest, les Polonais, les Tchèques et les Slovaques, à l'est les Russes, les Biélorusses et les Ukrainiens, au sud les Bulgares et ceux qui étaient réunis dans l'ex-Yougoslavie. Dans cette série d'Histoire de...l'opéra slave, Anne-Charlotte Rémond choisit de se limiter sur trois grandes nations slaves : la Russie, la Bohème-Moravie et la Pologne.
En dépit de leurs différences intrinsèques, deux points rapprochent les histoires des opéras russes, tchèques et polonais : sur le point chronologique, c’est à peu près à la même époque, au milieu du XIXe siècle, que les opéras nationaux prennent leur essor, et sur le plan du contenu, ils cristallisent les nationalismes qui s'expriment politiquement.

Les pères fondateurs

Dans la tourmente des révolutions de 1848, l’opéra devient l’espace d’expression des identités nationales : Mikhaïl Glinka pour la Russie tsariste et souveraine, Stanisław Moniuszko pour la Pologne démantelée entre la Russie, les Habsbourg et la Prusse, et Bedřich Smetana, dans une Bohème noyée dans l’Empire Austro-Hongrois, tracent la voie à l’opéra en langue vernaculaire qui cherche à travers un intérêt croissant pour le folklore, un langage musical propre.

Le mouvement pour une musique « nationale »

Les années 1870 voient s'organiser une vie musicale dans les trois pays respectifs, avec le mouvement pour la défense de la musique russe, tchèque et polonaise par opposition aux traditions musicales "importées" : "le Groupe des Cinq" en Russie ou "la Jeune Pologne en musique". Les personnalités à envergure internationale se profilent : Antonín Dvořák, Leoš Janáček,Modest Moussorgski,Rimski-Korsakov ou Piotr Ilitch Tchaikovski.

Le garde-fou contre l'absurde

La révolution soviétique en Russie, l'instauration du régime de Staline, l'arrivée d'Hitler au pouvoir, le chaos politique qu'inaugure le XXe siècle frappe de plein fouet les trois pays slaves. Compositeurs exilés ou déportés commeStravinski ou Martinu, Schulhoff, Ullmann, Haas, et Krasa, victimes de persécutions du régime tels Chostakovitch ou Prokofiev, donnent à l'opéra une dimension supplémentaire : miroir de son époque, il devient un garde-fou contre l'absurde.

Vous pouvez réécouter la totalité de la série divisée par zone géographique : les compositeurs russes et les compositeurs tchèques et polonais.
Mais auparavant, voici un aperçu historique en images des jalons politiques qui déterminent la période que raconte cette série d'Histoire de...l'opéra slave, avec leur écho dans les opéras de l'époque :

La suite est par là !☰ Les compositeurs et leurs opéras

  • Côté Russie [ ICI ]
  • Côté Pologne et Bohème [ ICI ]

Sur le même thème