"Happy Birthday" enfin libre de droits

La justice américaine a tranché, on pourra désormais chanter Happy Birthday sans risquer d'amende. Un juge fédéral de Los Angeles a décidé que Warner Music n'avait pas les droits d'auteur sur la chanson la plus célèbre du monde.

"Happy Birthday" enfin libre de droits
Le manuscrit original de "Good morning to all". (© Université de Louisville)

Vous l'ignoriez peut-être mais aux Etats-Unis vous ne pouviez pas utiliser la chanson Happy Birthday sans devoir payer des droits à Warner Chappell Music, jusqu'à hier mardi 22 septembre du moins. George King, juge fédéral de Los Angeles a estimé que la maison de disque n'avait pas de droits d'auteur sur les paroles de la chanson.

Cette décision met un terme à une bataille juridique de près de deux ans lancée contre Warner par un musicien et une réalisatrice préparant un film sur la chanson. Warner leur avait demandé de payer 1.500 dollars pour avoir le droit de reproduire la chanson dans le film.

Mais Rupa Marya et Robert Siegel ont affirmé que la chanson, qui date du 19è siècle, relevait du domaine public. Warner, qui a acheté en 1988 la compagnie Birch Tree Group qui revendiquait la propriété de la chanson, affirmait qu'elle en détenait les droits depuis 1935.

Le juge a déclaré que les droits d'auteur s'appliquaient uniquement sur des arrangements pour piano bien précis mais pas sur la chanson d'origine. Pourtant, Warner réclamait systématiquement de l'argent à quiconque chantait ou diffusait la chanson avec les paroles dans un but commercial. Selon les estimations, Happy Birthday rapportait près de 2 millions de dollars par an à Warner.

Les avocats des plaignants ont annoncé qu'ils allaient lancer un recours collectif pour récupérer les millions de dollars de royalties récoltées par Warner/Chappell depuis des années.

La chanson, la plus célèbre en anglais dans le monde selon le livre Guinness des records, avait à l'origine été écrite pour les jardins d'enfants et était intitulée Good Morning to All (Bonjour à tous).

Elle a été traduite dans au moins 18 langues et a failli mettre le Congrès américain dans l'embarras dans les années 1980, lorsque les congressistes l'avaient chantée en choeur au président de l'époque Ronald Reagan.

Auparavant, en 1962, elle avait été chantée dans une version très personnelle par l'actrice Marylin Monroe, vêtue d'une robe longue très moulante, au président américain John F. Kennedy lors d'une réception pour son 45e anniversaire.

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