Gustavo Dudamel pointé du doigt par le président vénézuélien Nicolás Maduro

Le directeur musical de l’orchestre philharmonique de Los Angeles (LA Phil) Gustavo Dudamel est devenu la cible du président de son pays d’origine, le Venezuela.

Gustavo Dudamel pointé du doigt par le président vénézuélien Nicolás Maduro
Gustavo Dudamel, chef d'orchestre vénézuélien, prend position dans le conflit qui agite son pays, © AFP / HERBERT NEUBAUER

Le chef d’orchestre Gustavo Dudamel a pris position cet été contre le gouvernement de son pays d‘origine, le Venezuela, traversé par une grave crise politique. Après avoir demandé publiquement au président vénézuélien Nicolás Maduro « d'écouter son peuple » et réclamé la fin des violences (120 personnes ont été tuées depuis le début des protestations), Gustavo Dudamel a aussi soutenu la cause du violoniste Wuilly Arteaga.

Le musicien est devenu une figure des manifestations antigouvernementale. Avec son instrument, il jouait au milieu des foules de protestataires pour, dit-il, délivrer un message de paix. Quelques jours après avoir été blessé lors d’une manifestation, Wuilly Arteaga a été arrêté par la police vénézuélienne et détenu pendant 19 jours.

D’après une source proche de l’enquête, Gustavo Dudamel aurait aidé à la libération du jeune violoniste. Un acte de trop pour le président Nicolás Maduro qui a dénoncé l’attitude du chef d’orchestre à la télévision vendredi 18 août. « J’espère que Dieu vous pardonne », a commencé le chef d’Etat, critiquant l’absence du musicien dans son pays pendant la crise politique et économique.

« Bienvenue dans la politique, Gustavo Dudamel. Mais agissez avec éthique et ne vous laissez pas tromper en attaquant les architectes de ce beau mouvement de jeunes filles et jeunes garçons », a continué le président qui soutient El Sistema, un projet auquel Dudamel a pris part quand il était enfant et qui propose une éducation musicale aux jeunes vénézuéliens les plus défavorisés.

Un des membres d’El Sistema avait été tué dans une manifestation en mai. Une mort tragique qui avait fait sortir du silence le chef d’orchestre. Gustavo Dudamel a alors publié des tribunes pour appeler au calme dont l’une d’elles prône la défense des « valeurs démocratiques fondamentales pour empêcher le sang de nos compatriotes d’être déversé ».