Gustav Mahler, héros de jeunesse de Stefan Zweig

Deux inédits de Stefan Zweig consacrés à Gustav Mahler sont publiés ce mercredi 8 avril chez Actes Sud. Un poème et un essai sur le compositeur que Zweig admirait follement dans sa jeunesse.

Gustav Mahler, héros de jeunesse de Stefan Zweig
A droite, Gustav Mahler et à gauche Stefan Zweig (DR)

Qui l'eût cru ? Stefan Zweig en fan quasi hystérique de Gustav Mahler ? C'est ce que nous apprenne deux inédits de l'écrivain autrichien publiés chez Actes Sud ce mercredi 8 avril. Il s'agit d'un long poème Der Dirigent (Le chef d'orchestre) écrit en 1910 pour les 50 ans du compositeur et d'un essai Gustav Mahlers Wiederkehr (Le Retour de Gustav Mahler) paru en 1915 dans la revue Neue Freie Presse.

Si le premier texte est inédit en français, le second avait déjà été publié de façon assez confidentielle dans un volume intitulé Hommes et destins et bénéficie d'une nouvelle traduction de David Sanson. Le jeune Zweig est fasciné par Gustav Mahler, musicien brillant et nommé à l'Opéra de Vienne a seulement 38 ans note Bertrand Dermoncourt dans sa préface. Il cite également ce passage de l'autobiographie de l'écrivain Le Monde d'hier (1942) où Mahler fait figure d'"exception inouïe " dans une Autriche régie "par un vieillard, gouvernée par de vieux ministres."

Zweig y raconte également à quel point croiser Mahler dans les rues de Vienne "constituait un événement que l'on rapportait à ses camarades comme un triomphe personnel ". Lorsqu'en 1907, 4 ans avant sa mort, Mahler est poussé à abandonner la direction de l'Opéra de Vienne, Zweig signe un texte de soutien, puis trois ans plus tard ce long poème Le chef d'orchestre : "Une ruche dorée, dont les rayons accueillent, une cohue bourdonnante, et c'est ainsi qu'apparaît l'édifice inondé par la lumière et par l'attente de tous ces gens réunis en un essaim d'enthousiasme"...

En 1915, il fait paraître dans le quotidien viennois Neue Freie Presse un essai, Le retour de Gustav Mahler, où il dresse le portrait psychologique de l'homme et évoque ses souvenirs. "Car pour nous, pour toute une génération, il fut davantage qu'un musicien, davantage qu'un simple artiste: il fut la part inoubliable de notre jeunesse ".

Les deux textes sont donnés dans le court ouvrage préfacé par Bertrand Dermoncourt et plongent le lecteur dans cet "âge d'or " de la jeunesse viennoise de Zweig, à jamais englouti dans la guerre.

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