Guillaume Connesson à Montpellier : une rencontre pour transmettre « l’envie de musique »

Tout au long du moins de juillet 2018, le festival Radio France Occitanie Montpellier organise des rencontres publiques avec quatre compositeurs, parmi lesquels Guillaume Connesson. Ces temps de partage illustrent la diversité de la composition contemporaine française.

Guillaume Connesson à Montpellier : une rencontre pour transmettre « l’envie de musique »
Guillaume Connesson et Max Dozolme, © Cristobal Desconnets / Festival Radio France Occitanie Montpellier

Lorsque l’on arrive dans sa loge, quelques minutes seulement avant le début de sa rencontre avec le public, Guillaume Connesson est en train de peaufiner une partition. « C’est un concerto pour violon que je dois écrire pour Renaud Capuçon, et comme cela arrive très souvent aux compositeurs, je suis très en retard », déclare-t-il, avant d’ajouter en souriant, « bien sûr ce concerto devait être prêt pour hier, mais il sera créé à Bruxelles, le 15 septembre prochain ». 

Le rapport au temps, aux échéances, le processus de composition ou encore l’inspiration, toutes ces thématiques ont été abordées au cours de la rencontre animée par Max Dozolme, étudiant au CNSMD de Lyon. C’est justement en évoquant la formation « atypique » de Guillaume Connesson, passée loin des classes de composition de conservatoire, qu’il a démarré la discussion avec le compositeur.  

« Dans les années 80, il n’y avait pas d’enseignement de composition qui correspondaient aux esthétiques qui me plaisaient », raconte Guillaume Connesson. Pour apprendre son métier, il a donc préféré aller directement à la rencontre de grandes personnalités, comme John Adams lorsqu’il avait 20 ans, et s’enrichir auprès de compositeurs de sa génération, Thierry Escaich, Philippe Hersant et Pascal Zavaro. «  On se retrouvait tous les weekends et on échangeait nos partitions, on discutait. C’était extrêmement formateur », se souvient-il. 

« On est le spectateur de ses œuvres » 

La rencontre fut ensuite ponctuée d’extraits de ses œuvres, comme Disco-Toccata, une pièce qu’il explique avoir écrit « en catastrophe pour un bis, la veille d’un concert ». « A la même époque, j’ai mis beaucoup plus de temps à composer d’autres pièces, mais vous voyez, c’est de celle-ci dont on m’en parle encore aujourd’hui », ajoute-t-il. L’occasion pour le compositeur d’évoquer la postérité de ses créations, qu'il reconnait ne pas « maîtriser ».  « On est le spectateur de ses œuvres », résume-t-il.   

« Un travail presque en quatre mains » 

Interrogé sur le rapport qu’il entretient avec les interprètes, Guillaume Connesson déclare que ce lien est très « variable ». Il ajoute bénéficier cependant de relations privilégiées avec certains musiciens, comme le violoncelliste Jérôme Pernoo qui a créé ses Chants de l’Agartha, trois pièces pour violoncelle et piano interprétées dans le cadre du Festival Radio France par Victor Julien-Laferrière et Jonas Vitaud

« Parfois, je travaille presque en quatre mains avec les musiciens, qui peuvent jouer un rôle très important pendant le processus d’écriture », déclare-t-il. Guillaume Connesson ajoute cependant ne jamais penser au son d’un musicien en particulier lorsqu’il écrit, « je suis plutôt dans l’abstraction ». Ce sont souvent des œuvres picturales qui déclenchent son inspiration, « un fourmillement intérieur » provoqué par un tableau, qui « déclenche une envie », un désir de musique. Celui-là même qu’il était venu partager aujourd’hui.