Avec la musique, Françoise Nyssen veut faire de la rentrée un « moment de joie »

En déplacement à Stains (Seine-Saint-Denis), la ministre de la Culture Françoise Nyssen a assisté à la première “rentrée en musique” des élèves de classe de 6e, accueillis par une chorale de leurs camarades de 5e.

Avec la musique, Françoise Nyssen veut faire de la rentrée un « moment de joie »
La ministre de la culture Françoise Nyssen en visite au collège Barbara de Stains pour la rentrée en musique, © Radio France / Guillaume Decalf

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a choisi le Collège Barbara de Stains (Seine-Saint-Denis) pour assister à la toute première « rentrée en musique ». Annoncé en juin dernier par le ministère de la Culture et le ministère de l’Éducation nationale, l'événement visait à accueillir les nouveaux élèves des établissements scolaires en musique. Alors que dans certains établissements, cet accueil musical fut assuré par des musiciens professionnels, à Stains, Françoise Nyssen a entendu une chorale d’élèves de 5e accueillir par le chant leurs camarades de classe de 6e.

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La rentrée en musique au collège Barbara de Stains

Pour l’occasion, les élèves ont chanté quatre chansons apprises avec leur professeur de musique. Une manière aussi pour ce dernier de recruter de nouveaux éléments, et de répandre la bonne parole musicale. Pour la ministre de la Culture, le but est d’associer la rentrée des classes à « un moment de joie », bien loin de l’image habituellement attribuée à ce moment de l’année…

« La culture n’est pas un supplément d’âme, elle est constitutive des apprentissages » : avec cette rentrée en musique, Françoise Nyssen souhaite envoyer un signal, celui de l’étroit rapprochement des ministères de la Culture et de l’Éducation nationale, et pas seulement pour la rentrée scolaire. Si les contours de cette approche restent encore flous, les paroles de la ministre de la Culture laissent entendre une volonté quasi-idéologique :

La pratique artistique, la transmission artistique et culturelle, c’est fondamental pour la constitution de l’être. Un enfant qui a eu l’occasion d’aller à la Cinémathèque, de voir un film, d’aller écouter un concert, de rencontrer un artiste… n’a pas la même vision du monde, il sait qu’il y a du possible pour lui, il sait que c’est pour lui. Et lui, il va se constituer, parce que c’est lui qui va faire le monde de demain. La pratique artistique, pour ça, est fondamentale.

La rentrée en musique au Collège Barbara de Stains est donc aussi l’occasion d’un état des lieux. Une classe de musique et des ateliers, un établissement qui a reçu le label numérique 2015, muni d’un dispositif permettant aux enseignants, aux élèves et à leurs parents de suivre les cours, de noter, de s’exercer, le tout accompagné de tableaux numériques et de tablettes. Les moyens sont là, tant humains que matériels, pour enrichir le parcours éducatif des élèves. Au Centre de Documentation et d’Information (C.D.I.), on présente aux jeunes arrivants de 6e les contenus d’Educ Arte, et les vidéos pédagogiques, notamment sur la musique, en lien avec le cours correspondant. On évoque aussi le programme Avenir, pour découvrir les métiers méconnus, comme facteur d’instrument…

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La présentation du programme "Avenir" aux élèves de 6e

Le rapprochement entre les arts et l’éducation offert par l’E.A.C. (Education Artistique et Culturelle), dont les trois objectifs pour les élèves sont de « permettre de se constituer une culturelle personnelle riche et cohérente tout au long du parcours scolaire », de « développer et renforcer leur pratique artistique » et enfin de « permettre la rencontre des artistes et des oeuvres, la fréquentation des lieux culturels » représente donc la possibilité d’un accès à la culture sans distinction de lieu ou de milieu social. Elle représente également un réel espoir pour les musiciens intervenants en milieu scolaire, dont la précarité s’est accentuée ces dernières années.

L’ensemble n’en demeure pas moins fragile… Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis et son président Stéphane Troussel se félicitent d'avoir accordé trois millions d’euros au déploiement d’un tel dispositif sur le territoire. Mais Stéphane Troussel s’inquiète vivement de la baisse de 300 millions d’euros des dotations aux collectivités territoriales, décrétée en juillet dernier. Pour lui, cette réduction met non seulement en péril l’aide apportée aux établissements, mais risque de tuer dans l'œuf le développement des pratiques artistiques en dehors du strict cadre des cours dispensés dans les établissements…