Festival Jeunes talents : faire vivre la musique l’été à Paris

L’association Jeunes Talents organise des concerts toute l’année et un festival en juillet pour permettre aux touristes et aux Parisiens d’avoir accès facilement à un programme musical de qualité dans des lieux d’exception.

Festival Jeunes talents : faire vivre la musique l’été à Paris
Certains concerts sont organisés en plein air, dans la cour des Archives Nationales, © Dayana Mayorga

Dans les belles pièces des Archives Nationales, l’heure est aux répétitions. Le pianiste Guillaume Bellom et le violoncelliste Christian-Pierre La Marca s’installent devant une trentaine de personnes dont un grand nombre d’enfants. Certains passaient juste par là, d’autres connaissent le bon plan. Tous les midis, les musiciens qui participent au festival Jeunes Talents répètent à quelques heures du concert, et l’accès est libre et gratuit.

« T’as quoi comme nuance ? », demande Christian-Pierre La Marca, « fortissimo », répond son acolyte. « Alors vas-y ! », lâche le violoncelliste devant un public amusé. Les deux musiciens ne sont pas des petits nouveaux, ni dans le milieu, ni auprès de Jeunes Talents. La première fois qu’il a joué pour l’association, Christian-Pierre La Marca devait avoir 16 ou 17 ans. « J’étais vraiment jeune… Je suis revenu cette année car Thierry Escaich (compositeur invité du festival) me l’a demandé ». Cela permet aussi de « rencontrer d’autres musiciens et jouer avec eux », ajoute Guillaume Bellom.

Guillaume Bellom et Christian-Pierre La Marca en répétition
Guillaume Bellom et Christian-Pierre La Marca en répétition, © Radio France / Aliette de Laleu

Le but initial de Jeunes Talents c’est une main tendue pour les jeunes qui sortent d’études musicales. « Quand on est étudiant, passer au monde professionnel c’est un parcours délicat, difficile », explique Christian-Pierre La Marca. « Il faut que l’on permette aux jeunes de s’exprimer ». C’est aussi le credo soutenu par le directeur et fondateur de l’association, Laurent Bureau : _« Je faisais un constat autour du '_star system' en musique où soit les jeunes atteignent un niveau de notoriété tel qu’ils peuvent jouer où ils veulent, quand ils veulent, avec le cachet qu’ils veulent. Soit ils ont un niveau de notoriété moindre et ne trouvent rien, nulle part ».

« Ici on vient pour écouter de la musique, pas pour se faire voir »

Ainsi est né Jeunes Talents, d’abord dans les chapelles des hôpitaux avant de se développer et d’investir les salles du Petit Palais et des Archives Nationales. L’association propose plus de 160 concerts par an et un festival en juillet. « La vie musicale à Paris est bien calme à cette période », raconte le directeur. Un constat partagé par les musiciens, heureux de pouvoir s’accorder une ‘pause’ musicale parisienne au milieu des allers et retours aux quatre coins de la France pour les festivals.

L’activité se développe et les formules qui fonctionnent s’installent comme les concerts poussette à destination des très jeunes enfants, et de leurs parents qui n’ont pas toujours le temps ou le budget pour profiter des concerts. Car les tarifs sont très accessibles. « Ici on vient pour écouter de la musique, pas pour se faire voir comme dans d’autres lieux », assume Laurent Bureau en visant probablement les grandes institutions parisiennes parfois moins accessibles niveau prix.

« Ecouter de la musique », et pas n’importe laquelle puisque les programmations avec Jeunes Talents sont pointues. La raison : ce sont les jeunes musiciens qui les construisent. « On a carte blanche », souligne les deux musiciens après la répétition. Ils vont donc pouvoir « se faire plaisir », et mettre à l’honneur un peu de musique contemporaine avec une pièce de Thierry Escaich, « très très difficile, la plus dure que je connaisse », souligne Christian-Pierre La Marca.

Pour faire vivre l’association et le festival, Jeunes Talents comptent sur des mécènes et sur l’aide de quelques bénévoles comme Paule, 91 ans. Cette ancienne infirmière passionnée de musique vient à pied presque tous les jours pour aiguiller les spectateurs, préparer les salles, rencontrer les artistes et bien sûr : « profiter du concert », lance-t-elle pleine d’énergie. « C’est une fraternité, on a l’impression de faire partir d’un groupe et le cadre est magique », commente Paule à la sortie de la répétition. Un petit crochet vers le jardin des Archives Nationales confirme son propos, quelque parisiens ou touristes s’y aventurent et, s’ils ont de la chance, peuvent même profiter d’un peu de musique !