Festival d'Aix : dans les coulisses du Monstre du Labyrinthe

Mercredi soir, le Festival d’Aix a accueilli la création du Monstre du Labyrinthe, opéra participatif pour enfants de Jonathan Dove. C’était la troisième et dernière étape de ce projet titanesque coproduit par le Philharmonique de Berlin, l’Orchestre symphonique de Londres et le Festival d’Aix. Récit des coulisses de la production aixoise.

Festival d'Aix : dans les coulisses du Monstre du Labyrinthe
Le Monstre du Labyrinthe © Vincent Beaume

Ils étaient trois cents choristes amateurs - enfants, adolescents et adultes - trois solisteset un comédien devant l'Orchestre symphonique de Londres et l'Orchestre des jeunes de la Méditerranée mercredi soir au Grand théâtre de Provence. Sous la baguette de Sir Simon Rattle, ils ont crée Le Monstre du Labyrinthe, opéra pour enfants de Jonathan Dove. L’originalité du projet, c’était de faire travailler côte à côte les choristes amateurs et les jeunes musiciens d’orchestre, et les grands professionnels dans les conditions d’une production d’opéra professionnelle, avec toute l’exigence qu’elle sous-entend.

Le Festival d’Aix est très investi depuis des années déjà dans des projets de médiation et de pédagogie, dont le fleuron est l’annuelle l’Académie d’été. Lorsque Simon Rattle a proposé à son directeur Bernard Foccroulle le projet d’un opéra qui ferait travailler main dans la main les amateurs et les professionnels, il a tout de suite adhéré :

« Simon Rattle monte à Berlin des projets de ce type depuis plusieurs années, avec un succès formidable. Nous avons donc associé le festival d’Aix aux Berliner Philharmoniker et au London Symphony Orchestra. Le travail de préparation a commencé dès l’automne dernier, à la livraison des premiers fragments de la partition, et s’est poursuivi toute l’année, semaine après semaine. »

Donner envie de revenir

Simon Rattle a choisi le compositeur anglais Jonathan Dove qui a une dizaine d’opéras pour enfants dans son catalogue. La commande qu'il lui a passée avait un cadre très précis : un livret universel et accessible aux enfants, dont l’histoire peut être racontée en une heure et sans la mise en scène, sur un podium de concert. Jonathan Dove a longuement cherché une histoire qui mettrait au cœur de l’intrigue un grand chœur de jeunes chanteurs. Son librettiste Alasdair Middleton a eu l’idée d’adapter le mythe du Minotaure :
« chaque jeune personne a son monstre à combattre, et cette métaphore nous parle à tous ».

Création du Monstre du Labyrinthe de Jonathan Dove au Festival d'Aix © Vincent Beaume
Création du Monstre du Labyrinthe de Jonathan Dove au Festival d'Aix © Vincent Beaume

Comment compose-t-on quand on compose pour les interprètes amateurs ? La tâche de Jonathan Dove, comme il l'explique, était d'écrire une musique qui donnerait envie aux jeunes d’aller jusqu’au bout de l’aventure :

Selon Lissa, jeune membre de l'Opéra junior de Montpellier dont 16 chanteurs participent au projet, le défi est relevé :

Dans la fosse, une complicité particulière lie les "grands" de l’Orchestre symphonique de Londres et les instrumentistes de l’Orchestre des jeunes de la Méditerrannée, complicité que Jonathan Dove a inscrite déjà dans la partition. Le chef d’orchestre Quentin Hindley a préparé les jeunes avant la rencontre avec le LSO et Simon Rattle :

*Trois villes, trois langues, trois univers

*

Le projet a été parallèlement monté en Allemagne, au Royaume Uni et en France, avec l’Orchestre symphonique de Londres qui se déplaçait sur chaque production, et les choristes recrutés localement. En région aixoise, une centaine de jeunes : élèves des conservatoires et collégiens, ont travaillé depuis janvier, d’abord avec leurs professeurs de musique, et sur les dernières semaines avec le chef de chœur Philippe Franceschi. Il souligne la grande exigence de la partition, et le rôle central qu’occupe le chœur dans le Monstre du labyrinthe :

Précédemment créé à la Philharmonie de Berlin et au Barbican de Londres, le Monstre du Labyrinthe a été composé sur un livret en anglais, adapté par la suite en allemand et en français. La production aixoise a rajouté la mise en scène signée par Marie-Eve Signeyrole, une "ancienne" de l’Académie d’été du Festival. Mouvement scénique, costumes et accessoires, vidéo, le dispositif est léger, mais demande une précision et une attention supplémentaire aux choristes sur scène. Autant de contraintes qui permettent aux chanteurs de se dépasser :

► Reportage des coulisses dans La Matinale de Clément Rochefort

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