Est-il encore utile d’accueillir des artistes à la Villa Medicis ?

Le sénateur André Gattolin présente son rapport d’évaluation budgétaire de la Villa Médicis à Rome. Le bilan, plutôt mitigé, pose la question de la pertinence de la résidence aujourd’hui.

Est-il encore utile d’accueillir des artistes à la Villa Medicis ?
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Le journal Le Parisien a publié jeudi 6 octobre les grandes lignes du rapport du sénateur André Gattolin (EELV) sur la Villa Médicis. Le texte, qui propose une évaluation budgétaire du palais romain, a été déposé à la commission des Finances de la Haute Assemblée. Et il n’est pas tendre avec l’Académie de France et l’activité de ses pensionnaires, qui bénéficient en moyenne d’un salaire de 3 300 euros par mois, lorsque l’on déduit la retenue qui est faite au titre de leur logement. Le sénateur critique « l’absence totale d’obligations pesant sur les artistes » et ajoute que « bien que les pensionnaires soient sélectionnés sur la base d’un projet, la réalisation de celui-ci ne fait pas l’objet d’un suivi très resserré ».

Transformer la Villa en musée ?

Dans son rapport, André Gattolin pointe un second problème : « De façon plus préoccupante, il semble que la réputation de la Villa dans certaines disciplines soit décevante, et que le séjour ne facilite pas réellement la reconnaissance de l’artiste par le marché de l’art ». Il termine son texte par cette question : « Nous devons donc nous demander s’il est encore utile aujourd’hui d’accueillir des artistes à Rome sur fonds publics ou si la Villa devrait devenir un simple lieu de visite, voire un musée comme les autres ».

Le lieu, créé par Colbert en 1666, bénéficie d’un budget de 8 millions d’euros, avec un financement public annuel de 6 millions d’euros. Sans répondre véritablement à la question qu’il pose, André Gattolin insiste dans le document sur les nombreuses réformes que doit mener l’institution si elle souhaite continuer à accueillir chaque année des pensionnaires. En 2016, 14 projets ont été retenus, pour 601 candidatures. Le Parisien souligne enfin un point positif présent dans le texte du sénateur, qui constate une amélioration de la gestion des ressources humaines de la Villa, qui avait été sévèrement épinglée par la Cour des Comptes en 2015.