En difficultés financières, les Chorégies d'Orange obtiennent un "soutien sans faille" des pouvoirs publics

La menace de cessation de paiements qui planait au-dessus des Chorégies d'Orange s'éloigne peu à peu. L'Etat et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont décidé de venir en aide à l'un des plus festivals d'opéra les plus importants de France.

En difficultés financières, les Chorégies d'Orange obtiennent un "soutien sans faille" des pouvoirs publics
La production du Vaisseau fantôme de Wagner donnée en 2013 au théâtre antique d'Orange, © AFP / Boris Horvat

Le cri d'alarme lancé par Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies d'Orange, a été rapidement entendu. Deux jours seulement après avoir évoqué les problèmes financiers qui pesaient sur le festival, une solution a été trouvée. L'Etat et la région PACA ont apporté leur « soutien sans faille » au plus vieux festival d'opéra de France pour finir la saison « en douceur ».

Interrogé par l'AFP, Jean-Louis Grinda a déclaré qu'il n'était « plus question de cessation de paiement, l'Etat et la Région ont donné leur caution morale et trouvé une multitude de solutions pour nous permettre de passer en douceur les deux ou trois mois à venir ». A cause d'un déficit de 1,5 million d'euros et d'une difficulté à se faire prêter de l'argent par les banques, les Chorégies d'Orange auraient très bien pu mettre la clé sous la porte dès la fin de cette édition 2017. Les pouvoirs publics, qui jusqu'à présent ne représentent qu'une partie modeste du budget des Chorégies (850 000 euros sur un budget de 5,67 millions d'euros), ont néanmoins décidé de faire un geste.

Il ne s'agira pas de subventions mais plutôt de « facilités », comme par exemple l'échelonnement de paiements et de charges sociales qui repoussent les échéances les plus urgentes. Ces solutions pratiques doivent permettre au festival de tenir en attendant le résultat d'un audit sur la situation financière des Chorégies. « L'Etat a commandé un audit, qui sera lancé avant la fin du mois de septembre » déclare Jean-Louis Grinda qui précise que c'est ce qu'il réclamait depuis son arrivée en mai 2016.

Fragilisées depuis plusieurs années, les Chorégies d'Orange sont autofinancées à hauteur de 80%, cas peu commun pour un festival de musique classique en France. A titre de comparaison, le festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence touche 8,5 millions d'euros de subventions publiques contre 900 000 pour Orange. Le festival ne s'est jamais tout à fait remis de l'année 2013 où il a dû faire face à une production du Vaisseau Fantôme de Wagner qui n'a pas trouvé son public, puis à l'annulation d'un récital de Roberto Alagna qui a sérieusement plombé les comptes, à hauteur de 500 000 euros.

Jean-Louis Grinda a prévu de renouveler la programmation qui avait tendance à s’essouffler ces dernières années. Les Chorégies d'Orange devraient faire revenir la danse dans le cadre somptueux du théâtre antique avec le Béjart Ballet Lausanne. Côté opéra, le festival proposera Mefistofele de Arrigo Boito, créé en 1868 à la Scala de Milan, ainsi que le très populaire Barbier de Séville de Rossini, jamais donné à Orange.

Avec AFP