Emmanuel Macron en marche avec l'éducation musicale à l'école ?

L'éducation musicale, un enjeu dans la course à la présidentielle ? Le mouvement En marche ! d'Emmanuel Macron a affirmé mercredi soir à Paris son intention de « convaincre tout le monde que l’éducation musicale est un préalable pour mieux appréhender l’acquisition des fondamentaux. »

Emmanuel Macron en marche avec l'éducation musicale à l'école ?
Marianne Blayau, Claudia Kespy-yahi ,Béatrice Sauvageot, Dominique Lemonnier alias Solrey et Hervé Platel lors de la soirée "Avec la musique, dès l’âge de trois mois, tous égaux !" du mouvement En marche ! , © Radio France / Suzana Kubik

Le mouvement En marche ! soutient l’éducation musicale dès le plus jeune âge comme moyen de lutter contre le décrochage scolaire et le déterminisme social. Tel est en tout cas le message qu'a souhaité faire passer l'équipe d'Emmanuel Macron à la soirée « Avec la musique, dès l’âge de trois mois, tous égaux ! » organisée mercredi soir à Paris, autour des multiples effets bénéfiques de l’éducation musicale sur les enfants.

De nombreux intervenants ont été invités à défendre les bien fondés de ce projet, professionnels de l’éducation musicale, scientifiques ou musiciens. Le professeur de neuropsychologie Hervé Platel a souligné l’impact de la musique sur les compétences cognitives ou sociales des enfants, de nombreuses études scientifiques à l’appui, et l’orthophoniste Béatrice Sauvageot a souligné le pouvoir réparateur de la musique sur la plasticité cérébrale. Les projets à vocation artistique ou sociale qui se sont implantés dans les territoires ont également été présentés, tels Orchestre à l’école, Démos ou le projet des crèches Cap Enfant, avec une large panoplie de propositions qui placent la musique au cœur de la démarche éducative. Avec l’intention d’informer sur la nécessité de donner à l’éducation musicale une place prépondérante dans le parcours scolaire. Frédérique Dumas, élue régionale, membre du comité politique d’En Marche ! et productrice de cinéma affirme :

« Tout le monde est d’accord sur l’éducation artistique et culturelle, mais souvent on a l’impression que c’est quelque chose de secondaire. Notre intention est de convaincre et de faire comprendre à tout le monde que l’éducation musicale est un préalable pour mieux appréhender l’acquisition du langage et des fondamentaux. »

Accompagner les initiatives locales

Si l'éducation musicale peut développer les compétences cognitives et sociales des enfants, elle est aussi un moyen de lutter contre les inégalités. Selon Frédérique Dumas, il faut qu'elle fasse partie des apprentissages dès la crèche et qu’elle soit accessible à tout le monde, quel que soit le milieu social, comme le font depuis longtemps de nombreux pays européens : Grande Bretagne, Suisse ou Finlande. S’agit-il de renforcer le dispositif de l’éducation musicale à l’école qui existe déjà, en augmentant le nombre d’heures et les financements alloués ? « Le dispositif existantà l'écoleserait maintenu tel quel , explique Frédérique Dumas. Mais il faut qu’il soit élargi aussi sur tout le parcours scolaire, à la maternelle et à la crèche. »

Bien que le choix des initiatives - Orchestre à l’école ou Démos - présenté au cours de la soirée laisse penser que le projet pencherait du coté des pratiques collectives, sa nature et les modalités de sa mise en place restent plutôt floues. On retiendra surtout une volonté d’accompagner les initiatives locales : « Nous n’allons pas édicter les expériences qui vont être menées, nous allons apporter des financements aux projets qui sont développés dans les territoires, aider les collectivités locales et les écoles à financer les projets qu’ils portent », souligneFrédérique Dumas.

Coté chiffres, le projet serait financé sur les moyens existants, mais rien de plus précis pour l'instant. « Il existe déjà un budget dédié à l’éducation artistique et culturelle à la fois au ministère de la Culture et de l’Éducation nationale. Nous souhaitons le redéployer en redéfinissant les priorités en fonction de notre projet», conclut Frédérique Dumas.