Disparition de Roger Boutry, compositeur et président honoraire de l’Orchestre de la Garde républicaine

Pianiste, compositeur, chef d’orchestre et président honoraire de l'Orchestre de la Garde républicaine, Roger Boutry s’est éteint ce 7 septembre à Paris à l'âge de 87 ans. Musicien exceptionnel à la personnalité discrète, il était surtout un fin artisan de la musique et un pédagogue dévoué.

Disparition de Roger Boutry, compositeur et président honoraire de l’Orchestre de la Garde républicaine
Disparition de Roger Boutry

France Musique rendra hommage au musicien notamment dans les émissionsMusique matinde Jean - Baptiste Urbain, etRelax !de Lionel Esparza ce lundi.

Le destin dans la musique de Roger Boutry était tout tracé : né dans une famille de musiciens - une mère pianiste et chanteuse, et un père tromboniste, un des fondateurs de l'Orchestre national de France, Roger Boutry baigne dans la musique et entre au Conservatoire Supérieur de Paris à l'âge de seulement 11 ans. Son parcours est époustouflant, ses talents exceptionnels : il emporte le Premier prix dans pas moins de huit matières, dont le piano, la direction d'orchestre et la composition. En 1954, il obtient le Prix de Rome, attribué par un jury composé d’Arthur Honneger, Florent Schmitt et Paul Paray, entre autres. S'en suit une brillante carrière de soliste et de chef d'orchestre qui le mène dans diverses pays de l'Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Union Soviétique ou en Australie. Parmi les figures qui forgent sa personnalité musicale, il convient de citer Nadia Boulanger, Olivier Messiaen, Marguerite Long, André Cluytens ou Pierre Monteux. 

A partir des années 1960, Roger Boutry se consacre à la pédagogie et à la composition.  Nommé professeur au Conservatoire national supérieur de Paris, il y enseigne l'harmonie pendant 30 ans et forme des générations de musiciens, aussi bien en France, tel Thierry Escaich, qu'à l'étranger, et notamment dans des universités asiatiques, dont il était invité régulier.  

A partir de 1973, Roger Boutry est nommé chef des musiques de la Garde républicaine. Pendant quasiment vingt-cinq ans, il dirigera ces formations : l’orchestre d'harmonie, l’orchestre symphonique, l’orchestre à cordes et les formations de musique de chambre, mission qui lui permettra de considérablement élargir le répertoire pour les formations à vent. En leur dédiant ses propres œuvres, ou les orchestrations du grand répertoire, certaines gravées sur disque et récompensées. Il a entre autre signé la Marche solennelle pour les Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble en 1968, ou encore la version réharmonisée et réorchestrée de la Marseillaise, réalisée à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, président de la république de l'époque, épisode que vous pouvez retrouver dans cette vidéo :