Disparition de Nikolaï Kapustin, pianiste et compositeur jazz, à 82 ans

Autodidacte, Nikolaï Kapustin est l’un des rares exemples de compositeur de musique classique à n’avoir travaillé qu’exclusivement avec le langage jazz.

Disparition de Nikolaï Kapustin, pianiste et compositeur jazz, à 82 ans
Disparition de Nikolaï Kapustin, pianiste et compositeur jazz, à 82 ans

Né le 22 novembre 1937 à Gorlovka en Ukraine alors soviétique, le compositeur et pianiste Nikolaï Kapustin entame ses études musicales à Moscou à l’âge de 14 ans. Son premier maître fut Avrelian Rubakh, lui-même élève de Felix Blumenfeld, pianiste ayant par ailleurs formé Simon Barere and Vladimir Horowitz.  Plus tard, il étudie avec Alexander Goldenweiser au conservatoire de Moscou. C’est ce dernier qui lui parle de Rachmaninov, Medtner, Scriabin et Tchaikovsky, des compositeurs que Goldenweiser connaissait personnellement.

Sur le plan de la composition, Nikolaï Kapustin est un autodidacte. A 13 ans a lieu sa première tentative, il compose une sonate pour piano. Durant ses études au conservatoire, il compose et interprète ce qui sera son Op. 1 officiel : un concertino pour piano et orchestre, déjà dans le style jazz qui restera sa marque de fabrique.

En 1961, il sort diplômé du Conservatoire de Moscou et devient un membre du Oleg Lundstrem Big Band. En 1972, il commence à collaborer avec l’Orchestre de la radio d’État, puis sept ans plus tard il intègre l’Orchestre du cinéma d’État. Au début des années 80, la composition devient son activité principale.

Nikolaï Kapustin est l’un des rares exemples de compositeur de musique classique à ne travailler qu’exclusivement avec un langage jazz. Il fusionne les deux genres, intégrant des formes idiomatiques du jazz au sein d’architectures classiques. L’un des exemples les plus frappants de cette dualité est la Suite dans le Style ancien, Op. 28 de 1977, qui habite l’univers sonore et harmonique du jazz tout en empruntant sa forme aux suites baroques, comme le ferait une partita pour clavier de J.S. Bach.

Il a lui-même enregistré sa propre musique pour les labels Melodiya ou encore Triton. De nombreux artistes ont défendu la musique de Nikolaï Kapustin sur scène ou au disque, citons parmi eux : Marc-André Hamelin, Steven Osborne, ou encore Eckard Runge, le Quatuor Artemis Quartet et le New Russian Quartet.

Nikolaï Kapustin laisse derrière lui un catalogue de 161 compositions, dont 20 sonates pour piano, 6 concertos pour piano, de nombreuses œuvres pour piano et solo, piano quatre mains, et deux pianos, ainsi qu’un concerto pour violon, deux concertos pour violoncelles, des trios avec piano, quatuors à cordes, un quintette avec piano et une poignée d’œuvres pour ensembles, orchestre et big band.