Disparition de la soprano Karan Armstrong

Soprano américaine, elle restera pourtant associée à l'Opéra de Berlin où elle a donné plus de 400 représentations, mettant sa voix et son tempérament dramatique au service notamment des spectacles de son époux, le metteur en scène Götz Friedrich, également directeur de l'institution.

Disparition de la soprano Karan Armstrong
Soprano américaine, elle restera pourtant associée à l'Opéra de Berlin. Elle chantait ici dans Jenůfa de Janáček., © Getty / Photo by Will/ullstein bild via Getty Images

La soprano américaine Karan Armstrong est décédée à 79 ans, le mardi 28 septembre, à Marbella en Espagne, selon le quotidien allemand B.Z. Elle reste associée au Deutsche Oper de Berlin où, pendant presque 40 ans, elle a chanté Wagner et Strauss mais également le répertoire contemporain, marquant ses interprétations par son engagement dramatique.  

Née en 1941 au Havre, dans le Montana, Karan Armstrong étudie d’abord le piano avant d’apprendre le chant, notamment avec la célèbre Lotte Lehmann, en Californie. Elle fait ses débuts en 1965 à San Francisco, en Musette de La Bohème et gagne en 1966 le Met Council Auditions, une victoire qui lance sa carrière aux États-Unis. En 1974, elle chante pour la première fois en Europe avec Micaëla dans Carmen à l’opéra du Rhin puis une Salome dont le succès lui ouvre les portes des théâtres en France et en Allemagne.

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En 1978, elle rencontre Götz Friedrich, metteur-en-scène controversé à l’époque qui deviendra son mari trois ans plus tard. Avec lui, elle chante notamment Lohengrin à Bayreuth en 1979 avant que le couple ne s’installe au Deutsche Oper de Berlin. Dans ce théâtre, elle chante 24 rôles différents au cours de plus de 400 représentations, notamment dans des mises-en-scène de son mari qui devient le directeur artistique de l’opéra en 1981, rapporte le site du Deutsche Oper

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Elle interprète alors Wagner (Tanhäuser, Lohengrin, Die Walküre), Strauss (Salome, Elektra, Der Rosenkavalier) mais chante également Lulu, Judith du Château de Barbe-bleue, Marietta dans Die Tote Stadt, mère Marie des Dialogues des Carmélites, autant de rôles qu’elle marque de ses talents d’actrice, quitte à fatiguer sa voix dans des emplois parfois trop lourds. Sa participation à de nombreuses créations contemporaines comme Lou Salomé de Giueseppe Sinopoli, Un re in ascolto de Luciano Berio ou encore Jesu Hochzeit de Gottfried von Einem lui vaudra le surnom de « Diva du modernisme ». 

Après la mort de son mari en 2000, elle pense s'arrêter mais continue finalement à chanter, devenant mezzo. En 2012 elle est Geneviève dans Pelléas et Mélisande à Turin aux côtés de Sandrine Piau avant de chanter pour la dernière fois à Berlin, en 2016, le rôle de Larina dans Eugène Onéguine. Retirée en Espagne depuis 2019 elle donnait également des master classes, partageant son expérience avec de jeunes chanteurs.