Disparition de Barry Tuckwell, chef de file des cornistes

Le corniste et chef d’orchestre australien, Barry Tuckwell, est décédé le 16 janvier à l’âge de 88 ans. Immense musicien, il était considéré comme l'un des plus éminents ambassadeurs du cor.

Disparition de Barry Tuckwell, chef de file des cornistes
Barry Tuckwell après avoir reçu un doctorat honorifique en musique à l'University de Sydney en 1994, © Getty / Fairfax Media Archives

« Une histoire d’amour dès le début ». C’est ainsi que Barry Tuckwell définissait sa relation avec le cor. Le musicien australien, corniste de légende, nous a quittés le 16 janvier 2020, à l’âge de 88 ans. 

Né à Melbourne dans une famille de musiciens, d'un père organiste, Barry Tuckwell étudie dans un premier temps le piano, l’orgue et le violon. « Je n’étais ni très bon au piano, ni à l’orgue, et j’étais très médiocre au violon », a-t-il déclaré dans une interview rapportée par ABC Classic. Il fait la rencontre du cor à l’âge de 13 ans, dans une période « clef » de sa vie.  

Barry Tuckwell étudie le cor au conservatoire de Sydney et intègre à l’âge de 15 ans seulement le Melbourne Symphony Orchestra, puis le Sydney Symphony, avant de poursuivre sa carrière en Grande-Bretagne. En 1955, il devient cor solo du London Symphony Orchestra, un poste qu’il occupera pendant 13 ans. Barry Tuckwell quitte l'ensemble en 1968 pour poursuivre une carrière solo dans le monde entier et se lancer en parallèle dans la direction d’orchestre. Il fondera notamment le Maryland Symphony Orchestra en 1982.

Le corniste le plus enregistré au monde 

Instrumentiste virtuose, chef de file des cornistes de sa génération, Barry Tuckwell détient le record du plus grand nombre d’enregistrements pour cet instrument, selon la presse qui en recense plus d’une cinquantaine.  

De nombreux compositeurs ont écrit des œuvres pour lui, Oliver Knussen, Thea Musgrave, Don Banks ou encore Robin Holloway. Il interprétera le concerto de Knussen pour son dernier concert, en 1997 avec le Baltimore Symphony Orchestra. 

Dans une interview, lorsque la journaliste Mairi Nicolson lui avait demandé ce qu’il voudrait que les gens retiennent de lui, Barry Tuckwell avait répondu, « si on vit en se demandant ce que les gens retiendront de vous, on finit par devenir narcissique. Je n’ai jamais pensé à ça.  Il n’y a rien dont je me fiche plus que de mon épitaphe. »

Lionel Esparza lui rendra hommage dans Relax !.