Des danseurs de l’Opéra de Bordeaux vont saisir la justice administrative

Après une menace de grève le 31 décembre dernier, plusieurs danseurs de l'Opéra national de Bordeaux ont décidé de déposer un recours en justice pour dénoncer la précarité de leur contrat.

Des danseurs de l’Opéra de Bordeaux vont saisir la justice administrative
Grand Théâtre de Bordeaux , © Patrick Despoix

Les tensions s’accumulent à l’Opéra de Bordeaux. Le 31 décembre dernier, la représentation de Coppélia avait été menacée suite à un préavis de grève déposé par le syndicat qui représente les artistes de l’institution. La Snam-CGT dénonçait la suppression de 13 postes dans le corps de ballet qui, après négociations, ont finalement été sauvés. Le soir du réveillon le ballet a été dansé, mais les inquiétudes concernant les effectifs de danseurs n’ont quant à elles pas été totalement levées.

Lundi 6 février la Snam-CGT a annoncé qu’elle allait saisir la justice administrative. Le litige concerne les contrats de sept danseurs « reconductibles pour deux ans et qui n’ont été reconduits que pour un an », explique Stéphanie Roublot, déléguée syndicale. « Ils ont reçu leur lettre de reconduction au 15 janvier, sans avoir été avertis que le nouveau contrat ne courait que sur un an, » précise-t-elle, avant d'ajouter : « La direction nous dit qu'il ne faut pas nous inquiéter, mais bien sûr que cela nous inquiète ! Si ces danseurs ne sont finalement pas reconduits, cela a pour conséquence d'avoir un ballet amputé, dans l'impossibilité de danser le répertoire classique. »

Plus globalement, selon Stéphanie Roublot, la crainte des danseurs concerne le maintien de la convention « Opéra national » qui doit être renégociée pour cinq ans avec le ministère de la Culture fin 2017. L' Opéra de Bordeaux est le seul, avec celui de Paris, à détenir ce label qui prévoit un effectif théorique de 39 danseurs afin de pouvoir représenter les grands ballets du répertoire classique.

« La direction respecte le règlement intérieur du ballet », assure de son côté à l'AFP l'administrateur général de l'institution, Olivier Lombardie. « Les textes disent qu'on ne peut pas faire de contrat de CDI avant 6 ans d'ancienneté et qu'avant, les contrats peuvent être d'un an ou deux ans », déclare-t-il.

Pour l'administrateur, « toute l'année 2017 sera consacrée à la négociation de la convention avec les différentes tutelles de l'Opéra que sont l'Etat, la Région, la ville. Il faut définir un projet artistique, notamment pour le ballet. C'est ce projet artistique qui définira les effectifs du ballet (…) ce qui ne veut pas dire que ceux qui ont été reconduits pour un an ne le seront pas pour un an supplémentaire. »

« Dans le contexte général des finances publiques », déclare Olivier Lombardie, «l'ambiance n'est pas à l'augmentation des subventions. Mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas essayer de maintenir la convention ».

avec AFP