Covid-19 : les conservatoires de musique ferment à tour de rôle

Depuis le mois de novembre, plusieurs conservatoires à rayonnement régional (CRR) ont dû fermer leurs portes à cause de cas positifs au Covid. Le CRR de la Baie de Somme à Abbeville a détecté un cas positif, contre trois pour celui de Reims. Dernier touché, celui de Paris.

Covid-19 : les conservatoires de musique ferment à tour de rôle
Xavier Delette, directeur du conservatoire à rayonnement régional de Paris, © Getty

Le conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Paris est le dernier touché par le Covid. Il a dû fermer ses portes quelques jours à cause d’une quinzaine de cas au sein de sa maîtrise. Il n‘a rouvert que le 19 janvier tout en respectant des conditions sanitaires strictes. La décision de fermeture était évidente selon Xavier Delette, directeur de l’établissement, qui explique que "Jeudi 7 janvier, nous avons eu un cas déclaré par des parents de Covid au sein de la maîtrise de Paris. Le vendredi, il y en a eu trois en plus. Ca m’a inquiété et en accord avec ma hiérarchie, on a décidé le vendredi 8 au soir de fermer tout le département maîtrise de Paris." 

Il ajoute que tout s'est compliqué "le week-end du samedi 9 et dimanche 10 janvier, nous avons reçu treize autres cas d’enfants de la maîtrise touchés par le Covid. En accord avec la ville de Paris, l’ARS, et nos partenaires de l’éducation nationale qu’on a tenu au courant à chaque instant, nous avons décidé le lundi 11 de fermer tout le conservatoire par mesure de précaution."

De son côté Nawal Charbonnel, directrice du conservatoire de la Baie de Somme, n’a pas forcément eu le choix puisqu'elle déclare que "c’est le président de l’agglomération qui a pris la décision de fermer. On l’a informé que nous avions un cas positif dans l’établissement. J’ai consulté directement l’ARS des Hauts de France qui, elle, considérait que nous n’avions pas à fermer puisqu’il n’y avait pas de cas contact, parce que l’élève avait tout le temps porté le masque, ainsi que les enseignants. Il n’y avait pas de raison mais par mesure de sécurité et de précaution, le président de l’agglomération a souhaité quand même que nous fermions. "    

A cause de cette fermeture soudaine, Xavier Delette explique qu'il a fallu réorganiser les cours en urgence car ceux qui étaient "en distanciel étaient les cours théoriques, je parle pour l’ensemble de l’établissement, et les cours pratiques étaient évidemment en présentiel. Nous savons basculer les cours d’un jour à l’autre, du présentiel vers le distanciel. On a appris ça il y a un peu plus de six mois."

Nawal Charbonnel est sur la même longueur d'onde et confirme qu'il a fallu innover car pendant les six jours de fermeture, "les enseignants sont repassés de nouveau à un enseignement à distance ou, pour certains, c’est un rattrapage de cours la semaine suivante. Comme on rouvrait le jeudi 14, ça concernait surtout les cours du lundi, mardi, mercredi. Certains ont fait des reports et certains ont assuré un enseignement à distance."

Xavier Delette précise que la situation actuelle est très difficile à vivre pour certains élèves puisque "Là on ferme à 18h, quand il y a un confinement, c’est encore pire. Pour un étudiant, travailler son instrument dans une petite chambre de bonne à Paris, ce n’est plus possible. Donc ils doivent travailler ici et il y a des conséquences de travail qui sont très très lourdes".

Le directeur du conservatoire à rayonnement régional de Paris insiste sur le fait qu'il y a aussi "des conséquences psychologiques. Ca créé des malaises, ça créé du mal être et on doit faire extrêmement attention à chaque étudiant, pour l’accompagner au mieux et lui dire que s’il ne se sent pas très bien, on est là pour l’écouter et éventuellement le mettre en rapport avec d’autres étudiants pour qu’ils échangent et trouve un peu de réconfort." 

En cas de re-confinement, Nawal Charbonne explique que les conservatoires ont déjà pensé à une autre façon d’assurer les cours grâce à son équipe "qui est très créative, et notamment très portée sur le numérique. Ils ont réussi à inventer pas mal de choses. On a réussi à maintenir, de façon virtuelle, toutes les auditions que nous avions prévues en novembre, décembre, et janvier. S’il y avait re-confinement, on continuera à le  faire.

Elle cite l'exemple d'une enseignante de Formation Musicale qui "avait créé une sorte de petite chaîne Youtube privée pour tous les élèves où elle faisait un cours d’une heure, elle-même, en s’adressant aux élèves. Ca a été très très bien suivi et très apprécié des parents parce que les parents pouvaient assister au cours de F.M. et puis utiliser la pause, le retour en arrière. Il faut se dire que sur un total de 600 élèves, nous n’en avons eu que quatre qui n’ont pas suivi les enseignements à distance." 

Malgré des conditions sanitaires extrêmement strictes, comme le port du masque, l’aération des pièces ou la désinfection des instruments après chaque cours, les conservatoires n’ont pu éviter les contaminations au COVID. Une expérience difficile pour les élèves et une réorganisation rapide et nécessaire pour les établissements. Les conservatoires sont prêts pour un nouveau re-confinement, une éventualité évoquée par Jean Castex dans son allocution du 14 janvier…