Dernier accord pour le compositeur Georges Bœuf

Le saxophoniste et compositeur marseillais Georges Bœuf est décédé mardi 25 août à Marseille, à l’âge de 82 ans. Touche-à-tout, son catalogue de compositions s’étalait du piano solo à l’opéra.

Dernier accord pour le compositeur Georges Bœuf
Le compositeur Georges Bœuf, père d'un catalogue très éclectique et du Groupe de musique expérimentale de Marseille, avait 82 ans., © Sophie Colas

Une œuvre considérable et originale. C’est ce que les proches de Georges Bœuf retiennent du compositeur, décédé mardi 25 août. Parti d’une formation au saxophone, le musicien ne tarde pas, très jeune, à venir à la musique de chambre, à la symphonie, au chant choral, et même au théâtre et au cinéma. Très attaché à sa ville de Marseille, où il était né en 1937, Georges Bœuf n’a cessé de faire rayonner la musique dans la cité phocéenne.

Figure de la musique à Marseille

En 1969, il fait partie de ceux qui vont installer en France les centres de musique électroacoustique, en cofondant le Groupe de musique expérimentale de Marseille (GMEM), l’un des principaux pôles de recherche musicale dans le pays. En 1988, il crée la classe de composition du Conservatoire national de région de Marseille – dirigé alors par Pierre Barbizet –, établissement au sein duquel il avait enseigné auparavant la formation musicale, la technique du son et l’organologie.

Le pianiste Michaël Dian, le fondateur du Festival de Chaillol, dans les Hautes-Alpes, se tourne dès la création de l’événement vers celui qui a été son professeur de composition à Marseille. « Georges Bœuf était comme un deuxième père pour moi, la définition même d’un mentor », se souvient Michaël Dian. En 2013, il commande à Georges Bœuf une composition pour son festival. 

Un artisan de la musique

Alliant son expérience de musicien acoustique et électronique à son humanisme, le musicien lui offrira une « partition sonore » hors norme, conçue avec la participation des « gens du pays » : L’Homme qui plantait des arbres. Ce mélodrame, sur le texte de Jean Giono et ancré dans cette Provence bien-aimée, fera sensation à Chaillol. L’œuvre reste un souvenir puissant pour le directeur du festival. 

« Il était sans cesse préoccupé par l’art du lien que représente la musique, explique Michaël Dian. Disponible et très proches des gens, il accordait une attention toute particulière au regard sur sa musique. C’était un artisan de la musique, qui travaillait toujours avec modestie. » 

Le nom de Georges Bœuf est aujourd’hui indissociable de la ville de Marseille, où le catalogue du musicien est profondément ancré. D’ailleurs, « ses compositions respirent une sensualité méditerranéenne à laquelle il était très attaché », conclut Michaël Dian, très touché par la disparition de son ami, avec qui il avait des « milliers de souvenirs ».