Décès du compositeur François Leclère

Le compositeur François Leclère est décédé dimanche 19 juillet à l’âge de 65 ans. Il était à l’origine d’une nouvelle grammaire de la forme musicale, celle de la « Courbure du temps ».

Décès du compositeur François Leclère
François Leclerc

C’est avec tristesse que nous apprenons la disparition du compositeur François Leclère, décédé dimanche 19 juillet à l’âge de 65 ans. Passionné de musique, il était à l’origine de l’élaboration d’une nouvelle grammaire de la forme musicale qu’il dénomme « Courbure du temps ».

C’est après avoir étudié les mécanismes de la musique sérielle, en particulier au travers de l’œuvre de Pierre Boulez que le compositeur François Leclère met en place sa conception atypique de la « Courbure du temps ». Une théorie qui repose sur l’idée qu’au sein d’une œuvre, chaque instant musical intègre l’ensemble des événements qui le précède et qui le suivent. Le temps de l’œuvre est pensé grammaticalement comme un « jeu continuel de souvenirs et de pressentiments » précise François Leclère.

Des considérations qui donnent lieu à deux ouvrages : Premières pierres (1987) et Harmonie et courbure du temps (1994) éclairant tous deux cette grammaire musicale et abordant le problème du temps « phénoménologique » de l’œuvre musicale.

Pédagogue, au début des années 1980 le compositeur transmet son savoir et dispense des conférences publiques sur la musique du XXème siècle à Charleville-Mézières – la ville dont il est originaire – et des cours de composition au conservatoire de la ville qui permettent d’éclairer ses élèves à cette théorie et de les ouvrir à l’écriture musicale dans toute son exigence.
Une théorie qui prend vie également dans deux de ses compositions : Les villes invisibles (1991) et dans Archipel des solitudes (1996), née d’une commande de Radio France, et qui font de lui un musicien respecté.

  • « La musique de François Leclère apparaît comme une réponse inattendue à certaines impasses de la musique d’aujourd’hui. Sans nostalgie et au-delà des modes, ses œuvres manifestent par leur beauté la possibilité d’une intelligibilité nouvelle » * précise le compositeur et organiste Christophe Marchand

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