Décès de Doris Day, star d'Hollywood et chanteuse de « Que sera, sera »

L'actrice et chanteuse américaine Doris Day est décédée lundi 13 mai à l'âge de 97 ans. Star d'Hollywood, elle s'est notamment fait connaître du grand public avec la chanson « Que sera, sera » dans le film « L'Homme qui en savait trop » d'Alfred Hitchcock.

Décès de Doris Day, star d'Hollywood et chanteuse de « Que sera, sera »
L'actrice et chanteuse américaine Doris Day (1922 - 2019), © Maxppp / Globe Zuma

Doris Day, décédée ce lundi 13 mai en Californie à l'âge de 97 ans, restera dans les mémoires pour Que sera, sera, un tube planétaire qui lui a permis de réunir chanson et cinéma, deux grands axes de carrière pour lesquels elle a aussi reçu deux étoiles sur Hollywood Boulevard.  

L'Américaine a 32 ans, en 1956, quand Alfred Hitchcock lui donne le rôle émouvant d'une mère dont l'enfant est enlevé par des espions venant du froid dans L'Homme qui en savait trop. Aux côtés de James Stewart et de Daniel Gélin, Doris Day incarne alors un personnage taillé sur-mesure : celui d'une chanteuse célèbre et qui interprète à tue-tête la chanson Que sera, sera, signal pour son fils que l'heure de la libération est proche. Le morceau, signé Jay Livingston et Ray Evans, décroche l'Oscar de la meilleure chanson originale. 

Des Oscars, Doris Day n'en décrochera pourtant aucun, malgré une quarantaine de films et l'adoration du public. Sa personnalité sympathique et joyeuse mais sans histoire ne séduit pas la critique cinématographique et elle devra se contenter d'un Grammy pour sa carrière de chanteuse, avec 650 titres à son actif. Selon la critique de cinéma Molly Haskell, Doris Day est « l'actrice la plus sous-estimée, la moins bien reconnue qui soit jamais passée par Hollywood ».   

Sur le plan personnel, la vie n'a pas été facile pour Doris Mary Anne Kappelhoff, née le 3 avril 1924 à Cincinnati (Ohio), dans une famille d'origine allemande. Ses parents divorcent l'année de son 13e anniversaire, et la mère de Doris la pousse jeune à monter sur scène.  A l'âge de 16 ans, elle est victime d'un grave accident de voiture et doit abandonner la danse pour se consacrer au chant. Sa carrière commence finalement au début des années 1940 : Doris Day chante pour le big band du jazzman Les Brown, avec qui elle interprète Sentimental journey, futur hymne du retour des soldats américains après la victoire de 1945.   

A cette époque, la jeune femme a déjà divorcé d'un premier mari, violent, mettant ainsi fin au premier de ses quatre mariages. En 1948, elle tourne son premier film, Romance à Rio, qui sera suivi d'autres succès comme La Blonde du Far-West, Les Pièges de la Passion ou Ne mangez pas les marguerites

Doris Day brille surtout dans le vaudeville, un genre qui culmine en 1959 avec Confidences sur l'oreiller, où elle tourne aux côtés de Cary Grant et Rock Hudson. Le film est le seul qui lui vaudra une sélection aux Oscars. 

Le jour de ses 29 ans, elle épouse Martin Melcher, qui deviendra son imprésario. Mais lorsqu'il meurt en 1968, elle découvre qu'il l'a criblée de dettes. La star obtient 22 millions de dollars de dédommagement d'un homme d'affaires précédemment embauché par Melcher pour gérer sa fortune. 

Elle garde de ce second mari son seul enfant, Terry Melcher, qui mourra d'un cancer en 2004. Tout au long de sa carrière, Doris Day s'efforce de défendre son image d'Américaine propre sur elle, refusant en 1967 le rôle de Mme Robinson dans Le Lauréat car il lui paraissait trop osé. « J'aime être gaie. J'aime m'amuser sur un tournage. J'aime porter de beaux vêtements et être belle. J'aime sourire et que les gens rient. C'est tout ce que je veux », résume-t-elle lors d'une interview. 

Alors qu'elle ne tournait plus, Doris Day était devenue une amie des animaux, qu'elle accueillait dans son hôtel de Carmel, en Californie.   En 2004, le président George W. Bush lui a remis la médaille de la Liberté, la plus haute récompense civile américaine, pour avoir « ravi les cœurs des Américains tout en enrichissant notre culture ».

Avec AFP