De Berlioz à Saint-Saëns, les musiques de l'investiture d'Emmanuel Macron

Dimanche 14 mai se déroulait la cérémonie d'investiture du 8e président de la Ve République Emmanuel Macron. Une cérémonie accompagnée en musique par l'Orchestre de la Garde Républicaine, qui interprétait des pièces sélectionnées par le nouveau président.

De Berlioz à Saint-Saëns, les musiques de l'investiture d'Emmanuel Macron
Offenbach, Berlioz, Mozart... Les musiques de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron, 8e président de la Ve République, © Maxppp / POOL/HAMILTON/MAXPPP

On sait le nouveau président de la République Emmanuel Macron mélomane et amateur de musique classique. Sa cérémonie d'investiture, dimanche 14 mai, en fut la confirmation. Alors que François Hollande avait choisi, en 2012, la Danse des Sauvages issue des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau, Nicolas Sarkozy avait pour sa part opté en 2007 pour Asturias, cinquième Suite espagnole du compositeur espagnol Isaac Albeniz (d'ailleurs arrière-grand-père de Cécilia Attias, alors épouse du président). L'entrée d'Emmanuel Macron s'est faite au son de l'Orchestre de la Garde Républicaine interprétant des pièces de Mozart, Berlioz, Saint-Saëns, Brahms, dont les choix ont parfois une certaine charge symbolique...

Musiques de gloire et de victoire

Dans les œuvres jouées pour l'investiture du président Emmanuel Macron, deux sont particulièrement marquées du sceau de l'histoire de France : les Lauriers de Camille Saint-Saëns et l'Apothéose conclusive de la Symphonie funèbre et triomphale d'Hector Berlioz.

Moins célèbre que la 3e symphonie « avec orgue », les Lauriers de Camille Saint-Saëns, second mouvement des Cyprès et Lauriers pour orgue et orchestre, est une pièce enjouée aux sonorités de marche militaire composée en 1919 pour célébrer la victoire des Alliés dans la Première Guerre mondiale, et dédiée au président Raymond Poincaré. Dédicace de circonstance ? Poincaré a lui aussi été ministre des finances avant de devenir président. Jouissant d'une image d'intellectuel (il est élu à l'Académie française en 1906), Dreyfusard (sur le tard) et laïc, il est placé dans l'aile gauche du « camp républicain » lors des élections de 1913.

Quant à l'Apothéose qui clôt l'Oraison funèbre, second mouvement de la Symphonie funèbre et triomphale d'Hector Berlioz, elle commémore le dixième anniversaire de la révolution de Juillet. Commandée pour célébrer la fête nationale, l'oeuvre devait être jouée en plein air, notamment pour l'inauguration de la colonne de la Bastille le 28 juillet 1840, dirigée par Hector Berlioz en uniforme de la Garde Nationale. Son thème est très populaire, de sorte que, comme l'écrit Richard Wagner, « le premier gamin en blouse bleue et en bonnet rouge devait la comprendre », ajoutant que « cette symphonie perdurera et exaltera le cœur des hommes tant qu'il existera une nation nommée France ».

Musiques de fête

En dehors de ces deux pièces aux références - conscientes ou non - marquées, les œuvres jouées lors de la cérémonie sont pleines de fougue et d'entrain : ouverture d'Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach, 5e Danse hongroise de Brahms, Air du champagne issu du Don Giovanni de Mozart... une programmation presque dansante.