Daniel Barenboim accusé d'autoritarisme par des musiciens de la Staatskapelle de Berlin

Trois anciens musiciens de la Staatskappelle de Berlin accusent le directeur musical Daniel Barenboim d'autoritarisme. L'un d'entre eux évoque notamment une dépression liée au comportement du chef. Barenboim nie tout en bloc et y voit une campagne visant à l'empêcher de prolonger son contrat.

Daniel Barenboim accusé d'autoritarisme par des musiciens de la Staatskapelle de Berlin
Daniel Barenboim dirige son orchestre de la Staatskapelle de Berlin en octobre 2018, © Maxppp / Michael Kappeler

Le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim s'est défendu vendredi de tout autoritarisme après les critiques d'anciens musiciens de son orchestre de la Staatkapelle de Berlin. Faisant suite à de premières critiques anonymes dans la presse, d'ex-membres de la phalange, comme le percussionniste Willi Hilgers, ont attaqué les méthodes de Daniel Barenboim, en poste depuis 1992 et au moins jusqu'en 2022.   

Le musicien évoque notamment une « dépression » et de « l'hypertension » due selon lui au style autoritaire de Daniel Barenboim et assure que plusieurs autres musiciens pensent comme lui mais n'osent le dire publiquement, de peur d'être renvoyés de la Staatskapelle. Deux autres musiciens, toujours en poste, ont confirmé les dires de Willi Hilgers rapporte pourtant le quotidien allemand Die Welt

Barenboim contre-attaque

Daniel Barenboim n'a pas tardé à réagir et à nier ce que lui reproche le percussionniste. « Bien sûr que je me souviens de lui (de M. Hilgers). Mais la question est : si je l'ai traité de façon si injuste, pourquoi est-il resté ici pendant 12 ou 13 ans ? Je doute de sa bonne foi dans cette affaire », a déclaré le chef d'orchestre à l'agence de presse allemande DPA. 

Selon lui, le percussionniste « avait des faiblesses rythmiques ». « Je lui en ai parlé et, bien sûr, je l'ai critiqué, c'est mon travail » poursuit Daniel Barenboim. Le chef israélo-argentin y voit « une campagne visant à m'empêcher de rester à Berlin » alors que se tiennent actuellement les négociations pour qu'il soit prolongé au poste de directeur musical de l'orchestre. 

« Sinon, les accusations auraient été portées l'année dernière, il y a cinq ou dix ans. Ce n'est pas comme si j'avais toujours été quelqu'un de bien et que je devenais subitement mauvais ».  Pour lui, le « climat musical » est excellent au sein de l'orchestre. Il met les critiques sur le compte d'« une, deux ou cinq personnes qui ne sont pas entièrement satisfaites ». « Peut-être suis-je un peu trop lent avec mes tempos pour certains, un peu trop rapide pour d'autres, un peu trop passionné pour les uns, trop froid pour d'autres », souligne-t-il. « Le chef d'orchestre détermine la vitesse et le volume. A cet égard, il est comme un dictateur  - bien sûr que je le suis », enchaîne-t-il.

Le percussionniste réplique à nouveau

La réaction de Daniel Barenboim a poussé le percussionniste Willi Hilgers a réagir à son tour. Dans un communiqué envoyé au site britannique Slipped Disc, il explique qu'il a voulu joué à la Staatskappelle grâce au talent du maestro. Mais que c'est également à cause de son comportement qu'il en est parti. « J'aurais souhaité que mon travail en tant qu'artiste ne soit plus remis en question » écrit le percussionniste. « Je n'ai pas besoin de me défendre sur ma technique musicale, mon poste actuel à l'Orchestre de l'opéra de d'Etat de Bavière sous la direction de Kirill Petrenko est suffisamment éloquent ». 

Willi Hilgers conclut en estimant que la réaction de Daniel Barenboim est typique de son comportement : « une fois de plus, il balaie tout d'un revers de la main et blâme tout le monde ». 

avec AFP