Culture : deux milliards et ensuite ?

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé, mercredi 26 août, une aide de 2 milliards d'euros pour le secteur de la culture. Il a précisé que l'État allait compenser les pertes de recettes. Le chef du gouvernement a aussi fait le point sur les nouvelles mesures pour la reprise des représentations.

Culture : deux milliards et ensuite ?
La ministre de la Culture Roselyne Bachelot et le Premier ministre Jean Castex au Ministère de la Culture, © Maxppp / THOMAS COEX / POOL

Roselyne Bachelot appelée au secours par tout un secteur en souffrance. Les représentants du spectacle vivant rencontrent, ce jeudi 27 août, la ministre de la Culture et le Premier ministre, au lendemain deS premières garanties annoncées par Jean Castex. Dans le plan de relance à 100 milliards d'euros qui doit prochainement être détaillé, deux milliards d'euros seront consacrés à la Culture afin, notamment, de combler les écarts entre les recettes liées aux contraintes sanitaires et le point d'équilibre habituel. 

Pour sa rentrée politique, le Premier ministre, invité de la matinale de France Inter, s’est donc offert la primeur d’annoncer le montant de cette aide « record ». Et avec ce chiffre, un cap : « Que tout ça reprenne. » Et pour relancer la machine, Jean Castex ne mâche pas ses mots : « allez au cinéma, au théâtre, vous ne risquez rien ».

Le masque pour remplacer la distanciation

Et puis, pour inciter les spectateurs à revenir dans les salles, le gouvernement abandonne la distanciation physique, sauf dans les zones rouges, et rend le masque obligatoire dans les salles de spectacle et les cinémas. Décision du conseil de défense. Pour l'heure, la jauge fixée à 5 000 personnes pour des spectacles et concerts ne change pas. Mais le Premier ministre l’a rappelé « localement, en fonction de la configuration des salles, des stades, et de la circulation du virus, on peut déroger, c'est-à-dire aller au-delà de 5 000 spectateurs ».

« Si, ce qu'on peut comprendre, les règles sanitaires qui sont imposées ne leur permettent pas d'atteindre l'équilibre économique, plutôt que de dire 'on vous laisse fermer et on vous indemnise', il va falloir que nous compensions l'écart entre les recettes issues des contraintes sanitaires, et ce qui aurait été leur point d'équilibre ». - Jean Castex

Les partenaires économiques et représentants du spectacle vivant diront si les montants sont suffisants, et si ces compensations sont à la hauteur des attentes du secteur.

Encore pas mal de questions

Le flou persiste notamment sur ceux qui sont essentiels au secteur mais dont la fragilité a été exacerbée par la crise : les intermittents. Même si Emmanuel Macron leur a promis une année blanche, - c’est-à-dire que même si un intermittent du spectacle n’effectue pas ses 507 heures obligatoires, il touchera quand même son assurance chômage jusqu’en août 2021 , les inquiétudes persistent pour cette année et celles d'après. Les perspectives d’emploi sont plus que jamais menacées.

Comme elles le sont d’ailleurs chez nos voisins. Un million d'emplois seraient menacés dans le spectacle vivant au Royaume-Uni. Le gouvernement de Boris Johnson a lui-même promis l’équivalent de plus d'un milliard et demi d’euros au secteur culturel mais l'industrie musicale n'est pas encore tirée d'affaires. Dans une lettre ouverte au gouvernement, 1 500 artistes appellent à la rescousse.

Alors les deux milliards d’euros mis sur la table par le gouvernement Castex suffiront-ils à panser les plaies d’un secteur écorché à vif par la crise ? C’est la réponse concrète qu’attend tout le milieu de la culture…