Conservatoires : nouvelles mesures de Fleur Pellerin pour le réengagement de l'Etat

Par les "nouveaux pactes" signés avec les collectivités locales, la ministre de la Culture Fleur Pellerin souhaite affirmer le réengagement de l'Etat auprès des conservatoires.

Suite au tollé des protestations des professionnels de la musique provoqué par l’arrêt de la subvention de l’Etat aux conservatoires à rayonnement départemental et régional début 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin propose un nouveau cadre qui permettrait le maintient des dotations du Ministère aux établissements de formation artistique. Une trentaine de villes ont ainsi signé des « nouveaux pactes » avec l’Etat, s’engageant à stabiliser leurs crédits à la culture, en échange du maintien des subventions de l’Etat sur trois ans.

Mercredi dernier, les premiers signataires ont été reçus par Manuel Valls :

  • «L'objectif de ces pactes, c'est la cohésion territoriale par la culture». La ministre Fleur Pellerin vise «une centaine de pactes d'ici la fin de l'année»,* en espérant trouver un terrain d’entente avec les collectivités qui, confrontées à la baisse importante des dotations de l'État (11 milliards sur 3 ans), commençaient à réduire leurs subventions dans le domaine culturel. Même si la dotation de l’Etat représente à peine 10% du budget de fonctionnement d’un conservatoire, sa suppression oblige les collectivités, principaux financeurs, de compenser cette baisse, alors qu’elles gèrent aussi d’autres structures culturelles. En conséquence, les conservatoires se voient obligés de contrer la baisse des subventions en réduisant le nombre d’inscriptions ou en augmentant les frais d’inscriptions.

Un pacte pour la démocratisation des conservatoires

Par les « nouveaux pactes » Fleur Pellerin entend affirmer le « réengagement de l’Etat » pour un conservatoire repensé, plus au diapason avec les besoins et les souhaits de la population, un projet élaboré entre les collectivités locales et les présidents des conservatoires dans le but d’y démocratiser l’accès. « Faire évoluer les pratiques pédagogiques, mettre l'accent sur les pratiques collectives, ouvrir les conservatoires aux adultes ou faire rentrer dans les conservatoires le hip-hop ou des danses indiennes et asiatiques », sont autant des pistes évoquées par la ministre pour « montrer qu'ils [les conservatoires] sont non pas des réserves élitistes pour enfants déjà socialement favorisés, mais au contraire un vrai instrument de démocratisation.»