Confinement sur écran : les concerts à la maison

Malgré la fermeture des salles et l’annulation d’un grand nombre de festivals, l’épidémie du Covid-19 n’empêche pas les institutions d’ouvrir leurs portes en ligne, ni les artistes de se produire sur les réseaux sociaux pour aider le public à supporter le confinement.

Confinement sur écran : les concerts à la maison
Confiné sur écran : les concerts à la maison, © Getty

Si vous ne pouvez plus aller au concert, le concert viendra à vous. L’épidémie de coronavirus, et le confinement des populations, a vu Internet se fleurir de spectacles en libre visionnage. En dehors de France Musique et de son espace concert qui regorge de spectacles accessibles gratuitement, voici le panorama des actions mises en place.

La Philharmonie de Paris diffuse gratuitement, chaque jour à 20H30, un concert issu de ses archives, sur le site live.philharmoniedeparis.fr ou en téléchargeant l’application Philharmonie Live. La salle parisienne propose également une programmation quotidienne adaptée aux enfants : un concert filmé, un jeu de culture musicale, une œuvre musicale commentée et un coup de projecteur sur l’un des instruments de Musée de la musique, dont l’exposition Costumes en fête est par ailleurs ouverte aux visites virtuelles ! Les amoureux du répertoire symphonique peuvent aussi se tourner vers la plateforme de la Philharmonie de Berlin : les Philharmoniker ont été parmi les premiers à réagir et à donner accès, librement, à leur Digital concert hall : concerts et documentaires sont désormais à disposition des internautes. A côté des initiatives des grandes institutions, certains orchestres décident aussi de marquer le coup en jouant : L’Orchestre philharmonique de Rotterdam a ainsi réalisé le tour de force de jouer l’Hymne à la joie de Beethoven… à distance !

Opéra et création

Côté art lyrique, l’Opéra de Paris, le Metropolitan Opera de New York, le Staatsoper de Vienne ou encore la Royal Opera House de Londres donnent également accès à leurs productions filmées, le temps du confinement. Des mesures sur lesquelles s’alignent, progressivement, les autres grandes maisons lyriques à l’internationale. Dernier en date : l’Opéra de Lyon. 

Plus modestes, certaines institutions spécialisées dans la création se veulent également solidaires : c’est le cas de la Scala de Paris, qui propose des rendez-vous quotidiens sur son site internet et ses réseaux sociaux. A chaque jour sa thématique : le mardi, une playlist des concerts passé et à venir et des interventions de musiciens fidèles de la salle, enregistrée depuis leur salon. Le mercredi, arts visuels avec le portrait d’un artiste exposé à la Scala. Le jeudi, place à la cuisine : le restaurant de l’institution demande aux membres de son équipe et aux internautes de livrer une recette de cuisine fétiche. Le vendredi est quant à lui consacré aux recommandations de lecture. Création toujours avec l’Ensemble intercontemporain qui sélectionne et publie, chaque jour sur sa page Facebook, un de ses anciens concerts. Pourquoi ne pas profiter de la période de confinement pour sortir ses oreilles des sentiers battus et découvrir de nouveaux horizons musicaux ?

Musique ancienne et musique de chambre

Le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) a quant à lui profiter de la Journée européenne de la musique ancienne, samedi 21 mars – date anniversaire de Bach -, pour lancer le hastag #baroquecheznous, qui incite les musiciens, professionnels comme amateurs, à interpréter des pièces de musique baroque française et se filmer chez soi pour poster ensuite leur vidéo sur les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, le Centre national de musique ancienne a, de son côté, misé sur le Facebook live en lançant une série de concerts. Au programme des premiers : le Clavier bien tempéré par Steven Devine.

En Hongrie, les de concerts en public et les rassemblements de plus de 100 personnes sont interdits. Malgré la crise, l’Orchestre du festival de Budapest a tout de suite réagit et propose, chaque jour à 19h45, un concert de musique de chambre, sans public, accessible gratuitement sur internet. Ces concerts regroupent au maximum 10 musiciens. La programmation change selon les musiciens qui proposent les pièces qu’ils jouent.

Multiplication des initiatives individuelles

Du côté des musiciens, les initiatives individuelles fleurissent : côté classique, les internautes ont pu apprécier les petits concerts sur Facebook et Instagram des frères Capuçon, des violoncellistes Yo Yo Ma, Marc Coppey et Edgar Moreau, de la violoniste Anne-Sofie Mutter ou du flûtiste Alexis Kossenko. Et ce n’est qu’un début. Musique classique, musiques actuelles, jazz… les musiciens de toutes les esthétiques donnent se produisent en live, sur les réseaux sociaux, et notamment de grands noms du jazz tels que Chick Corea, Neil Young ou le pianiste Fred Hersch. Une chose est sûre : la mobilisation du monde de la musique ne fait que commencer et les internautes ont l’embarras du choix.